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 Everything that shine ain't always gonna be gold.

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Bailey Caddon
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MessageSujet: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Dim 7 Sep - 23:32


Tell me what you know about dreams, dreams. Tell me what you know about night terrors, nothin’. You don't really care about the trials of tomorrow, rather lay awake in a bed full of sorrow.


La tête enfouie sous le jet glacé d’un lavabo dont l’hygiène laissait à désirer, des ailes en tissu attachées à son dos, Bailey essayait tant bien que mal d’apaiser la chaleur infernale qui s’était emparé de son visage, une véritable rivière de lave coulant sous sa peau diaphane et qui le faisait pleurer. A moins que ce ne fut la déception intense d’avoir été oublié par son plus vieil ami, son petit ami, son âme sœur qui faisait couler ses larmes acides. La musique assourdissante n’aidait pas à la concentration ni à se décider sur l’origine de son état ; la drogue ne devait pas y être pour rien. Il se souvenait à peine de la journée passée à esquiver les appels téléphoniques et à se contenter de répondre aux quelques messages envoyés par ses amis. Il n’avait plus aucune famille, cela réduisait considérablement le nombre de personnes qui lui souhaitait son anniversaire, d’autant plus qu’il s’agissait d’une date qu’il ne criait pas sur les toits. Il n’avait jamais donné d’importance particulière à ce jour, si ce n’était l’agréable tête-à-tête qu’il avait l’habitude de passer avec son homme lors de cette occasion. Sauf que Tom avait été aux abonnés absents toute la journée, lui avait à peine murmuré des mots tendres accompagnés de trois baisers avant de prendre la poudre d’escampette au petit matin. Il n’avait même pas eu droit à une partie de jambes en l’air d’anniversaire pour fêter ça, Monsieur Wilson étant beaucoup trop occupé pour lui accorder quinze minutes de son temps. L’unique présent que Bailey avait reçu avait été une jolie crotte de la part du chien de Clay, en plein milieu du salon, sur la moquette. Une charmante attention qu’il avait accueillie avec toute l’amertume dont il était capable. Cette nouvelle année commençait sous les meilleurs auspices, à ne pas en douter. Fort heureusement, son lundi avait été sauvé grâce à un SMS tout simple, qui contenait uniquement une heure, un lieu, et un smiley, mais qui parvint pourtant à tirer son premier sourire au « birthday-boy ». Il gribouilla le même message sur un papier libre qu’il glissa sur la table basse, à l’attention de Tom et non de son jumeau diabolique, avant de quitter le domicile, dans la soirée.

« Joyeux anniversaire, mec ! » Une paume puissante lui tapa le dos et Bailey se redressa, avec un large sourire idiot aux lèvres. Ses joues furent aussitôt enserrées par les mains d’un individu qui n’avait apparemment aucune notion de l’espace vital tant il empiétait sur celui de son ami. Le jeune Caddon ne s’en formalisa pas, s’il n’était pas un adepte du contact physique moite et collant en temps normal, il était bien trop défoncé pour faire la fine bouche. « Tu es l’ange le plus mignon de tout Los Angeles, va, vole et répands tes pouvoirs, Cupidon ! » Bailey éclata d’un rire amorphe, ses yeux s’avéraient de plus en plus difficiles à garder ouverts malgré toute sa bonne volonté. L’homme fouilla dans ses poches, en sortit quelque chose qu’il ne discerna pas et, la seconde suivante, l’Anglais se retrouvait à sniffer un rail de coke contre le pouce de l’individu dont il avait dû, un jour, connaître le nom, mais dont il était incapable de se souvenir ce soir-là. Trente secondes plus tard, la drogue faisait son effet et ce fut comme une renaissance lorsqu’il remonta dans la pièce principale du night club. Transfiguré par la musique, il se déplaçait en rythme, remuant les bras comme un pantin désarticulé. Les ailes dans son dos lui conféraient une silhouette surnaturelle, tout droit sorti d’un film fantastique, et nombreuses furent les personnes à le saluer ou le siffler positivement sur son passage. « C’est mon putain d’anniversaire ! » se mit-il à hurler au beau milieu du dancefloor, déclaration qui fut suivie par une salve d’applaudissements et d’acclamations. La journée n’était au final pas si pourrie.
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Tom Wilson
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Mar 9 Sep - 12:46

« On dirait que tu as fait ça toute ta vie, Tommy ! »

Une main posée sur son torse huilé spécialement pour l'occasion, Tom souriait à pleines dents en posant devant l'objectif. Le photographe, un quarantenaire aux cheveux longs et gris, ne cessait de remuer dans tous les sens, tournant autour du jeune acteur pour l'avoir sous tous les angles. Se prêtant réellement au jeu, il semblait extrêmement à l'aise face à l'appareil et n'hésitait pas à adopter des positions parfois suggestives en plus d'afficher des expressions qu'il jugeait glamour. Dans tous les cas, il s'agissait du but recherché dans ce photoshoot en tenue très légèrement pour une marque connue de sous-vêtements masculines, Calvin Klein. Plus tôt dans la journée, il avait été interviewé par un jeune journaliste travaillant pour un magazine italien. A dire vrai, tout le casting du dernier film dans lequel il avait joué avait reçu les mêmes questions, souvent en rapport avec le lieu de tournage, l'Italie. Mais à la différence des autres, il avait dû se rendre lui-même à San Francisco en voiture pour un petit job que son agent lui avait trouvé. Une séance photos boostée aux testostérones en somme. Quelques années auparavant Tom n'aurait jamais su comment agir dans pareille situation, certes n'avait-il, à l'époque, pas vraiment le physique en adéquation avec le mannequinat mais surtout, il n'avait pas la personnalité qui allait avec. Aujourd'hui c'était un nouveau lui qui se réveillait et déployait ses ailes devant le monde entier, sauf qu'il n'était pas le seul touché par ces récents changements. Il devait aussi penser à son compagnon que ses choix détruisaient dernièrement. Malgré de piètres démonstrations, il ne souhaitait que son bien et ce depuis toujours. Bailey était sa moitié, son âme sœur, son meilleur ami, son tout. Il se sentait misérable sans lui à ses côtés. Leur vie de couple faisait désormais partie de lui, de son sang, de ses gènes, de son organisme tout entier. Il ignorait de quelle manière respirer correctement quand il se retrouvait seul. Après leur rupture, il s'était senti défaillir de jour en jour et même si désormais les choses n'étaient pas complètement réglées, il ressentait une certaine satisfaction en le sachant en sécurité auprès de lui.

Enfin, c'était à peu près ce qu'il éprouvait avant de retrouver un petit mot abandonné sur la table du salon avec la plus grande banalité. Il connaissait l'amour des excès de différentes sortes de son petit ami, seulement certains endroits s'avéraient moins fréquentables que d'autres. Et ce soir le frêle musicien avait choisi l'un de ces lieux pour fêter son anniversaire. Sa montre affichait déjà vingt-deux heures passées mais il prit tout de même le temps de passer sous la douche, plus pour détendre ses muscles endoloris après autant d'heures de conduite que pour se décrasser. Une bonne heure plus tard, il rejoignait l'établissement qu'il ne connaissait absolument pas, ou juste de nom, les dealers et drogués de Los Angeles étaient nombreux. Sitôt un pied mis dans le night club, une musique assourdissante l'assaillit et il grimaça tout en se frayant un chemin parmi la foule dense et moite répandue un peu partout. Certains n'en étaient pas à leur premier rail de coke compte tenu de l'énergie dont ils faisaient preuve sur la piste de danse. Cela ne ressemblait à rien pour pas mal d'entre eux tandis que d'autres se contentaient de sauter le plus haut possible. Tom manqua de se faire écraser les pieds plus d'une fois et il mit un bon quart d'heure à trouver l'homme de la soirée. Les ailes qu'il portait dans le dos lui permettaient de conserver un espace minimum entre lui et les gens, de ce fait il put le remarquer au milieu du dancefloor, même si c'était avant tout sa voix qui l'avait attiré à regarder dans cette direction.
« Bailey ! » gueula-t-il mais le son de sa voix était couvert par la musique bien trop forte. « Hey ! » souffla-t-il lorsqu'il parvint à sa hauteur, l'attrapant par le bras pour tenter de le calmer même temporairement. « Viens avec moi, on rentre à la maison, » cria-t-il pour se faire entendre.
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Bailey Caddon
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Jeu 11 Sep - 16:11

La clameur enivrée et enivrante qui suivit sa déclaration lui fit pousser des ailes – malgré le fait qu’il les possédât déjà littéralement, ce soir-là – et il écarta les bras pour se laisser aller aux mouvements de la foule opaque qui remuait plus ou moins en rythme avec la musique assourdissante. Il lui était bien évidemment impossible de discerner les voix et visages qui l’entouraient, il était emprisonné au sein d’une marée humaine sombre, étouffante et bruyante, dans laquelle il se sentait pourtant bien. A sa place. Si la drogue et les excès en tout genre faisait partie de son quotidien depuis son plus jeune âge, sa fréquentation intensive de clubs aussi limites que celui dans lequel il se trouvait présentement était une habitude qu’il avait prise depuis peu. Depuis sa rupture d’avec Tom, pour être exact. Il lui avait fallu panser l’insoutenable plaie à l’intérieur de sa poitrine et, faute de mieux, il s’était tourné vers des individus peu fréquentables qui l’avaient poussé dans des lieux de plus en plus sordides. L’instinct de survie du jeune Anglais n’avait jamais été bon, mais il semblait s’être totalement envolé dès l’instant où son acteur de petit ami avait été rayé de son existence. S’ils étaient actuellement de retour en couple, il lui était encore compliqué de retrouver le bonheur complet comme il le connaissait autrefois, il lui était effectivement plus aisé de se laisser aller à ses mauvaises pensées qui le plongeaient dans une tornade de drogue et d’alcool. Ce n’était pas bon, ni pour lui, ni pour sa relation, toutefois il se sentait trop malheureux pour s’en rendre compte. Et même si à cette seconde précise, la cocaïne lui conférait la force de sourire et de faire la fête comme un forcené, il n’était toujours pas à même de réfléchir au sens nouveau de sa vie. Il était perdu, il pataugeait dans un flou artistique complet.

Les night clubs étaient remplis de personnes qui ne connaissaient pas ou peu la notion d’espace personnel, ainsi il ne fut pas étonné lorsqu’un individu empiéta sur le sien en tirant sur son bras. Il protesta plus par réflexe que par ennui, et se retourna pour faire face au seul visage vraiment familier de la soirée.
« Hey ! » s’exclama-t-il en sautillant devant son petit ami. « Mon vœu d’anniversaire s’est exaucé, mon homme est là ! » Il attrapa la main posée sur lui et la porta à ses lèvres afin de l’embrasser du bout des lèvres, se moquant d’être bousculé par les autres fêtards qui faisaient peu de cas d’un couple au milieu de la piste de danse. Son cerveau ralenti par la cocaïne mit du temps avant de traiter l’information donnée dans la dernière réplique de Tom, mais le petit brun finit par secouer rapidement la tête de gauche à droite en signe de protestation. C’était sa journée, sa soirée, sa nuit, il comptait bien en profiter, d’autant plus que le jeune acteur en avait déjà assez fait pour lui ruiner son moment, s’absentant pendant près de douze heures. « Je ne veux pas rentrer, je suis bien ici, » répondit-il en criant dans son oreille. « Va te prendre un verre, tu auras un prix si tu dis que tu viens de ma part ! » Il n’en savait rien, cependant il espérait être assez connu dans l’établissement pour avoir ce pouvoir sur les boissons excessivement chères qu’ils servaient. Il resta près de Tom, ses yeux clairs et injectés de sang détaillant son beau visage avec intensité, et aussi une grande fatigue. Il se hissa sur la pointe des pieds afin d’arriver à la hauteur de ses lèvres sur lesquelles il déposa un baiser fiévreux, avant de refermer ses bras derrière sa nuque pour le garder contre lui. « Tu m’as beaucoup, beaucoup manqué, aujourd’hui. » Il était impossible de lancer une conversation dans cette bousculade tonitruante, toutefois, il aurait adoré connaître la raison qui l’avait tenue éloigné de lui durant toute cette journée, qui l’avait empêché de faire son travail de petit ami en ce jour pourtant important pour leur couple. Le large sourire qui fendait ses lèvres ne le montrait sans doute pas, pourtant, à l’intérieur son cœur battait d’un rythme inégal tant il lui en voulait de cette distance qu’il lui avait imposée. Il s’était éloigné moralement et sentimentalement de lui la nuit où il l’avait trompé, et cette trahison le jour même de son anniversaire ne lui rappelait qu’amèrement ce souvenir encore si proche.
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Tom Wilson
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Lun 22 Sep - 23:00

Il accordait une totale confiance à son homme, quasi-aveugle même, et s'il n'appréciait pas de le laisser seul le soir, ce n'était en rien dû à une quelconque forme de jalousie envers ses amis étranges. Avec une telle personnalité sucrée, Bailey avait toujours su attirer l’œil sur lui. Parfois son caractère déplaisait car il n'était pas la personne la plus discrète du monde, mais même quand il ne faisait pas l'unanimité, il se faisait généralement remarquer avec facilité. Contrairement à Tom qui était davantage sur la réserve depuis son adolescence, même si dernièrement la donne changeait petit à petit. Il ignorait si son compagnon s'était rendu seul dans cet endroit, il en doutait fortement cela dit, dans tous les cas il croyait sincèrement en sa capacité à sympathiser avec des inconnus. Le statut de drogué, voire de junkie, devait probablement aider à rencontrer des gens en soirée. S'il avait dès le début accepté son amour des drogues diverses, il commençait progressivement à reculer dans son jugement et n'aimait plus tellement les habitudes de son homme. Il était peut-être un connard fini qui avait lâchement trompé son homme, il le regrettait chaque jour amèrement, mais jamais il n'avait souhaité que son petit bout d'homme souffre ainsi, autant sur le plan physique que moral. Et à en juger par son état nocturne de ce soir, Bailey n'allait clairement pas bien. Du moins ce n'était, à ses yeux, pas l'attitude d'un individu équilibré dans sa vie et dans sa tête. Il fallait tirer la sonnette d'alarme avant de risquer gros. Quand il le voyait comme ça, se détruire lentement devant lui, cela lui déchirait le cœur car il n'avait pas l'emprise sur cette facette de son quotidien. Il le savait incapable d'arrêter avec toutes ces conneries qui ne faisaient désormais plus qu'un avec lui. S'il lui demandait de freiner, le jeune musicien lui mentirait très certainement. Et il ne voulait pas en arriver là.

Il grogna un peu, dents serrées, lorsque son homme lui embrassa la main avec douceur car un groupe de danseurs autour d'eux ne cessait de leur rentrer dedans. Alors quand un homme, haut perché dans sa tête, bouscula Bailey un peu trop fort, il le tira contre lui pour le protéger de tous ces sauvages sans éducation.
« Je suis là, » répéta-t-il sans savoir s'il avait été entendu. Il ne fut pas étonné par sa prochaine réponse, cela aurait été trop facile s'il avait accepté de le suivre jusqu'à chez eux. « Je n'ai pas très soif... Je préfère rester ici avec toi. » Il ne voulait pas prendre le risque de le perdre de vue. Défoncé comme il l'était, il le savait capable de suivre le premier inconnu qui lui proposerait de s'amuser jusqu'au bout de la nuit. Il devenait vulnérable, naïf et parfois un peu idiot quand il se droguait. « Toi aussi tu m'as énormément manqué, » soupira-t-il en agrippant sa taille entre ses doigts. Pour le prouver, il pencha sa tête vers son visage pour capturer ses lèvres des siennes dans un baiser langoureux, ne réfléchissant pas à l'endroit, public, dans lequel ils se trouvaient. La luminosité était extrêmement faible par ici, seuls les spots les éclairaient. « Tu es trempé » fit-il remarquer en éloignant légèrement sa bouche pour pouvoir mieux le regarder. A ce stade de la soirée, on ne pouvait plus dire s'il s'agissait de transpiration ou bien si quelqu'un lui avait renversé quelque chose dessus. S'il lui demandait, nul doute que Bailey ne saurait pas répondre à cette question. Il perdait des choses, en prêtait d'autres, et ne les récupérait que très rarement lors de ces nuits agitées. « Tom ? Tom ! » lança une voix masculine dont le propriétaire les rejoignit en dégageant des gens pour y parvenir. David, le front en sueur et sans ses lunettes, affichait un sourire alcoolisé et des petits yeux endormis lorsqu'il tourna la tête vers lui en sentant une main sur son épaule.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Jeu 25 Sep - 23:27

Dans d’autres circonstances, Bailey ne se serait jamais jeté ainsi au cou de son petit ami. Si autrefois ils avaient formé un couple très tactile, toujours collés l’un à l’autre, la récente popularité de Tom les avait contraints à prendre leur distance lorsqu’ils se trouvaient en public. Cela n’avait pas été une habitude difficile à adopter, cependant ils l’avaient fait assez naturellement ; Bee était conscient de l’importance de sa discrétion, l’image de son homme ne lui appartenait plus en exclusivité, il se devait de le partager avec ses fans, et pour le moment sa sexualité était un tabou. Même si la société évoluait dans le bon sens, les acteurs homosexuels avaient besoin de temps et de reconnaissance avant de pouvoir faire leur coming-out. Les choses étaient ainsi, Tom Wilson n’était pas une exception, même s’ils avaient toujours été celle de Bailey. Ce soir-là le faisait pourtant oublier toutes ses bonnes résolutions, il n’avait qu’une envie, et c’était le serrer contre lui, l’embrasser jusqu’à en perdre son souffle, parce qu’il estimait le mériter après l’avoir attendu toute la sainte journée. Pour pas grand-chose, au final, puisqu’il le rejoignait un chouilla trop tard. Il le regarda droit dans les yeux, bien que son attention eût énormément de mal à se fixer sur un point précis, un sourire idiot aux lèvres. L’envie de lui rappeler que c’était de sa faute et de sa faute seulement s’ils s’étaient loupés tout le jour fut forte mais il préféra ne pas perdre de temps à argumenter en leur défaveur. La drogue l’empêchait de voir la situation de manière négative, il n’allait pas la combattre pour ruiner son moment. Il resta collé contre lui, tout content et pas rancunier pour un sou, preuve qu’il n’était pas lui-même puisque d’ordinaire, il lui aurait fait payer l’affront de l’avoir oublié le jour de son anniversaire.

Il ne se recula que pour constater l’information apprise à l’instant. Il glissa une main dans ses propres cheveux et éclata d’un rire qui passa inaperçu dans l’agitation ambiante.
« Je suis trempé, » reprit-il avec entrain. Il ne se rappelait plus ce qu’il avait vécu dans son passé proche, ni des personnes qu’il avait fréquentées dans les toilettes, il se souvenait juste du rail de coke qu’il avait sniffé. Il s’agrippa à nouveau à sa nuque pour se redresser et lui voler un nouveau baiser sauf qu’un appel le ralentit dans son élan, il tourna la tête un quart de seconde avant d’atteindre les lèvres de son petit ami. « Je ne l’ai pas invité, lui, » lâcha-t-il d’une voix mécanique tandis qu’il reconnaissait ce visage qu’il n’avait pourtant aperçu qu’une seule fois mais qui, lui, restait ancré dans sa mémoire. Un désir brûlant de violence s’empara de tout son organisme, qu’il ne chercha pas à contenir et David ne dut son salut qu’au fait que les bras de Bailey furent encore attachés autour du cou de Tom. « Va t’en, David. » Il hurla dans les oreilles de l’indésirable, se libérant une main pour le repousser tant bien que mal, la foule n’étant pour cela pas d’une très grande aide. Ses yeux clairs passèrent sur le visage de Tom, à la recherche d’un soutien. Il ne lui avait rien offert pour ses vingt-huit ans, alors il pouvait au moins dégager son amant en guise de cadeau d’anniversaire. Le musicien voulait retrouver sa relation d’antan, pas se remémorer la trahison impardonnable de son compagnon de toujours. La cocaïne avait beau faire des merveilles sur son état d’esprit, il existait un antidote à son pouvoir, et ce dernier mesurait environ un mètre quatre-vingt, avait des cheveux d’un noir corbeau, une mauvaise vue et indéniablement pas sa place dans ce night-club.
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Tom Wilson
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Lun 29 Sep - 23:27

Cette journée appartenait à Bailey et pourtant il n'éprouvait pas le désir de le laisser faire ce qu'il voulait, même s'il avait déjà bien commencé jusque là. Il ne l'avait de toute évidence pas attendu pour commencer les festivités. Compte tenu de l'heure à laquelle il l'avait retrouvé dans le night club, il ne pouvait décemment pas lui en vouloir d'avoir voulu profiter de son anniversaire, avec ou sans lui. Cependant il avait bien du mal à reconnaître le jeune homme qui lui faisait face. Il n'était plus ce garçon fraîchement sorti de l'adolescence qu'il avait pu effleurer innocemment avant de le faire sien. Des années s'étaient écoulées, des dépendances étaient nées, et il réalisait seulement maintenant de l'ampleur des dégâts causés sur son homme. Comment avait-il pu laisser faire ça ? Pourquoi n'avait-il pas réagi plus tôt ? Dormait-il jusqu'à présent ? Pouvait-on l'accuser de ne pas tenir à son âme sœur ? Il refusait de douter de ses sentiments envers lui car ils étaient bien présents ce soir, et véritables. Quand il prenait le temps de contempler son visage à la fois juvénile et masculin, mais tellement magnifique, il se demandait ce qui avait bien pu lui arriver pour en arriver là. Bien sûr il connaissait son parcours par cœur, mais jusqu'à présent il avait vécu avec une vision erronée de lui-même. Il croyait l'avoir un jour rendu heureux, d'une manière ou d'une autre, en plus de l'avoir aidé à traverser le deuil de son grand-frère. Mais qu'en était-il vraiment de leur relation ? Fut un temps où il avait le contrôle sur lui, ou du moins il pensait l'avoir afin de maintenir son équilibre précaire un minimum en place. Désormais plus rien n'était sûr les concernant et cette idée d'inconnu le paniquait de l'intérieur sauf qu'il n'avait pas le droit de se laisser aller. Pas maintenant ni plus tard, ni jamais d'ailleurs. Qui veillerait sur Bailey ? Depuis qu'il lui avait imposé sa trahison impardonnable, il n'osait plus s'imposer véritablement face à lui, de peur de le perdre à nouveau. Alors ils s'étaient enfermés dans une espèce d'histoire pas très saine, pour l'un comme pour l'autre. Tom était démuni, Bailey avait le cœur, le corps et l'esprit en petits morceaux, ils tournaient en rond sans jamais parvenir à retrouver le chemin de leur précédente idylle. Était-ce lui qui l'avait ainsi détruit ? A n'en pas douter, il l'avait lui seul cassé avec une facilité déconcertante comme l'on briserait un jouet fragile.

« David... » souffla-t-il silencieusement, étonné de le trouver ici. Il resta un peu paralysé dans un premier temps, tandis que Bailey repoussait son styliste d'une main comme s'il allait parvenir à l'envoyer à des miles de leur petit cocon intime. Seulement quand il sentit le ton monter du côté de son petit ami, il s'empressa de glisser doucement le revers de sa main le long de sa joue. « Du calme, Bee, » lui conseilla-t-il en plongeant son regard dans le sien. Il lui déposa un fort baiser sur le front pour tenter de le calmer même temporairement puis releva les yeux vers le grand brun à qui il sourit de manière mal assurée. « Est-ce que tu peux nous laisser seuls, s'il te plaît ? » lui demanda-t-il en s'approchant de lui pour se faire entendre, gardant un bras autour de la taille de son compagnon. « J'ai quelque chose à te dire ! » gueula David avec bonne humeur. Il avait clairement abusé de la boisson ce soir, raison pour laquelle l'agressivité de Bailey n'avait pas dû lui sauter aux yeux. « C'est l'anniversaire de Bailey aujourd'hui, on a besoin d'être tous les deux, tu comprends ? » Entendait-il ce qu'on lui disait ou pas, difficile à dire car le styliste profita du bref moment où Tom relâcha complètement son petit ami pour poser le plat de sa grande main sur son torse, large sourire édenté aux lèvres. « D'accord d'accord, je t'appelle. » Il se pencha vers le jeune acteur et l'embrassa longuement sur la joue dans un gros 'mouah' certes peu audible avec toute cette musique.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Mer 5 Nov - 19:48

Dans son trip de drug-addict, Bailey était le roi de la soirée, toutes les personnes présentes dans le club l’étaient pour lui et lui seul, il était le héros de la journée et en profitait à fond depuis son arrivée. David remettait toute son hallucination en question et le faisait replonger dans les tréfonds de sa dépression. Le plus longtemps il détaillait son visage, meilleure était la vision de Tom en train de le fourrer, plus clairs étaient les cris qu’il avait dû lâcher pendant qu’il se faisait prendre, ça en devenait plus assourdissant que la musique de la boîte de nuit. « Fais-le partir, » répétait-il comme un forcené pendant que son - ? – homme échangeait quelques mots avec l’indésirable. Il n’était pas en état d’entendre ce qui se disait, néanmoins, il n’était pas encore aveugle et la scène qui suivit ne lui échappa hélas pas. Il eut un hoquet de surprise, un éclat de rire jaune qui dévoila ses dents inégales, puis il s’interposa d’un bond entre les deux individus. Les réflexes des drogués étaient réputés pour être lents voire inexistants, Bailey prouvait ce soir qu’il n’en était rien vu la rapidité avec laquelle il asséna son poing dans la figure du trop charmant brun, l’éloignant de Tom avant que celui-ci ne puisse réagir. Le jeune Caddon n’en imposait guère, avec sa frêle silhouette, mais sa rage compensait l’inexistence de ses muscles et ses coups n’en demeuraient pas moins dangereux. La lèvre qui, quelques secondes plus tôt, effleurait la joue de l’acteur était désormais ouverte en deux, en sang, et son propriétaire paraissait sonné, presque mis KO.  « Il est à moi, tu entends ?! » Véritable pile électrique, il ne tenait plus en place, ses pieds bougeaient de manière incontrôlée, désynchronisés d’avec le reste de son corps. Heureusement pour David, Tom le retenait toujours par la taille, l’empêchant de repartir dans un assaut qui aurait été pourtant facilité par l’espace créé dans la foule, surprise par ce qui venait de se passer.

Les dizaines de regards remplis de jugement posés sur eux calmèrent momentanément Bailey qui se laissa attirer loin de là, vers la sortie, par une poigne puissante.
« Tu ne t’approches plus jamais de lui. Jamais ! » Sa voix était pleine de menace, son regard était de braise, ce qui contrastait de manière comique avec les deux ailes d’ange qui continuaient de remuer dans son dos. Des rires éclatèrent sur leur passage mais Bailey était trop en colère pour y prêter attention. Il n’avait d’yeux que pour David, et son visage s’imposait encore à lui même lorsqu’il avait disparu de son champ de vision. L’air frais du dehors le frappa de plein fouet et le gela jusqu’aux os ; il était encore trempé, d’eau et de sueur, donc le choc thermique fut violent. « Connard, » s’exclama-t-il en s’adressant à l’entrée du night-club. Il se retourna ensuite sur Tom et lui donna un coup au niveau des épaules, forcé de sautiller pour les atteindre. « Tu as osé l’amener avec toi ! Pour mon anniversaire ! » Ses yeux clairs, injectés de sang, s’imbibèrent de larmes de frustration. Il se recula avant de se mettre à faire les cent pas en face de son compagnon. « Comment as-tu pu me faire ça ? D’abord, tu m’oublies, puis tu débarques avec type ?! » Il continua de tourner comme un lion en cage plusieurs secondes avant de revenir se poster face à son grand échalas de petit ami. Il leva le regard vers lui et esquissa un sourire déstabilisé et déstabilisant. « Je ne sais pas ce que j’ai fait pour mériter tout ça mais, s’il te plaît, arrête et aime moi comme avant, » l’implora-t-il dans un haussement d’épaules désemparé.
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Tom Wilson
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Mer 5 Nov - 21:04

Bien que sobre, une désagréable migraine lui tambourinait la tempe gauche depuis plusieurs minutes maintenant, depuis son arrivée dans le club à dire vrai, et la venue si soudaine de David n'arrangeait rien à son mal de tête. Cette musique bien trop forte pour une oreille humaine normale lui déchirait les tympans en plus de lui faire perdre ses moyens devant son petit-ami déjà suffisamment abîmé comme cela. Il n'avait définitivement pas besoin de tout cela et pourtant Bailey l'obligeait à rester entre ces murs bruyants où aucune communication entre êtres vivants n'était rendue possible. Contraint et forcé de le suivre partout où il allait – il ne pouvait décemment pas l'abandonner ici, encore moins le jour de son anniversaire – le jeune acteur tachait de faire bonne figure devant son compagnon pour ne pas le froisser davantage. Ils n'étaient vraisemblablement pas du tout dans le même trip, la vedette de la soirée se trouvant sans nul doute dans un état hallucinatoire avancé, il pouvait l'affirmer ne serait-ce qu'en observant la teinte prise par ses yeux, le côté fermé de ces derniers, et le sourire idiot qui ne semblait pas vouloir le quitter. Il éprouvait une peine incommensurable en le voyant agir ainsi, l'esprit à mille lieux de la réalité. Bailey se détruisait à petits feux et même s'il refusait d'en être la raison, aujourd'hui il devait accepter vérité car il était l'unique cause d'un tel désastre. Même si le britannique, d'origine, consommait différentes sortes de drogues depuis son plus jeune âge, Tom n'était jamais rassuré lorsqu'il s'enivrait à en perdre la raison. A chaque fois, il risquait un peu plus de le perdre et ce soir ce problème se concrétisait réellement.

Les apparences étaient parfois trompeuses et ce jeune couple le prouvait. Carrure de nounours ou silhouette de dieu grec, qu'importait le physique de Thomas, il conservait son cœur doux et tendre de marshmallow. Il était un pacifiste avant tout quand, à l'inverse, Bailey levait les poings sans réfléchir.
« Oh oh !! » s'emporta-t-il en serrant ses mains autour de la taille du musicien pour le ramener vers lui et l'empêcher d’asséner un autre coup à ce cher David qui fut bien incapable de riposter car il paraissait déjà sonné. « Viens ici ! » souffla-t-il, abasourdi et quelque peu sous le choc lui-même, agrippant son petit ami par le bras pour le faire sortir de là. Lui qui pensait pouvoir profiter d'une soirée calme avec son homme, il regrettait presque de s'être levé ce matin en remarquant les regards insistants des clients sur leur passage. Au-delà de sa propre notoriété, il s'inquiétait de la santé mentale de Bailey. Cette foutue cocaïne lui détruisait les quelques neurones qu'elle n'avait pas encore éradiqué. « Calme-toi bon sang ! » gueula-t-il d'une voix forte et virile pour essayer de canaliser l'énergie de son copain même si jamais il ne parviendrait à en imposer devant lui, malgré sa tonne de muscles. « Je n'ai amené personne ici. PERSONNE. Comment peux-tu croire une chose pareille ?! » répondit-il, la respiration saccadée, tandis que ses narines s'agitaient nerveusement. « Je n'ai jamais cessé de t'aimer, Bailey. Je t'aime plus que tout... » Sa voix redevint faible, misérable, tout comme l'étaient ses yeux de Cocker. « Il faut que tu arrêtes de te faire du mal comme ça, s'il te plaît, Bee. Regarde l'état dans lequel tu es... » Il ne le reconnaissait même plus. Des années plus tôt, jamais il n'aurait jeté son dévolu sur le toxicomane qui lui faisait face. Il pouvait accepter son accoutumance aux problèmes de manière générale mais sa dépendance à la drogue devenait compliquée à supporter. « Rentrons à la maison, veux-tu ? » Il ne lui laissa pas trop le choix à dire vrai, car déjà il l'entraînait jusqu'à leur voiture.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Mer 5 Nov - 22:01

Bailey était déboussolé depuis un long moment. La tromperie de Tom l’avait pris de court des mois auparavant et il n’était jamais parvenu à s’en remettre, malgré les cris, les longues discussions, la tentative de rabibochage. La trahison était constamment là, tapie derrière la moindre de leur conversation, dans le plus innocent de leurs regards échangés. S’il avait tenté de lui pardonner, voir ce soir le visage de l’homme avec qui il avait pêché avait remis le feu aux poudres et raviver sa colère. Il était en rage, il brûlait de l’intérieur, ses sens en plus exacerbés par la cocaïne ne lui laissaient aucun répit. Du moins, c’était le cas maintenant que l’incident était encore frais dans sa caboche tiraillée de part en part. Pourtant, le premier cri de Thomas fut suffisant pour le calmer, au moins temporairement, et il l’écouta avec toute l’attention dont il était capable – c’était dire très peu –, papillonnant de ses grands yeux clairs. Le jugement émis sur son état, cependant, le fit détourner la tête, comme s’il n’assumait pas qu’il lui dise qu’il ne ressemblait à rien, qu’il n’était plus le Bailey d’antan. Celui dont il avait été amoureux, un jour, et qui ne se faisait pas tromper. « D’accord, » concéda-t-il dans un reniflement bruyant. Il se laissa tirer par le bras, incapable de mettre un pied devant l’autre sans une aide extérieure de toute façon. Il s’affala du côté passager dans l’imposante voiture de son petit ami et fut pris d’une quinte de toux qui sembla lui ôter ses ultimes forces. Au bout de trois minutes de trajet, il était silencieux comme une tombe, son esprit piégé entre conscience et coma. Les lumières de la ville qui défilaient à vive allure le berçait, le silence de l’habitacle compensait les centaines de décibels qui avaient agressé son ouïe tout au long de la soirée. Son organisme était reconnaissant de ce break, son esprit, lui, continuait de tourner à une allure trop vive pour qu’il suivît sa course folle. Il était physiquement et moralement épuisé lorsqu’il posa le pied par terre devant l’immeuble où ils habitaient.

Il traîna la patte pour accéder jusqu’à leur appartement, à deux doigts de s’endormir dans l’ascenseur. L’un des effets les plus néfastes de la drogue était la rechute, qui pouvait parfois s’avérer fatale si amorcée dans de mauvaises conditions ; heureusement pour lui, Tom était arrivé à sa rescousse et même s’il était présentement fâché contre son nounours de petit ami, il ne risquait pas de lui arriver grand-chose en sa compagnie. Il était son roc, sa sécurité. Sans prendre la peine d’enlever ses boots crasseuses et humides, il entra dans la pièce à vivre et se laissa tomber sur le canapé sans plus de cérémonie, il attrapa au passage un coussin qu’il serra contre son torse. Les ailes se tordirent dans son dos et il grimaça, comme s’il se rappelait uniquement à cet instant à leurs bons souvenirs. Son corps tout entier le faisait souffrir, ses dents grinçaient dans le vide, il avait soif, mal à la tête, aux yeux, à la moindre de ses articulations, il avait chaud dans son haut du corps mais froid dans ses jambes. Il était en bad complet.
« Je vais mourir..., » murmura-t-il. « Je vais mourir le jour de mes vingt-sept ans... » Le ton dramatique qu’il employa le fit lui-même rire et il se prit la tête dans les mains, ayant bien du mal à s’arrêter. « Je comprends maintenant... Je comprends pourquoi tu as fait ce que tu as fait ! »
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Ven 7 Nov - 22:37

Difficile de dire si ce court moment de calme avait ou non profité à Bailey compte tenu du peu d'équilibre que ce dernier posséda lorsqu'il quitta l'imposant véhicule. Une fois la voiture verrouillée, Tom s'empressa de basculer de son côté pour le soutenir en l'obligeant à passer son bras autour de son cou, dans le bus de lui servir de béquille ou de tout ce qu'il désirait, à ce stade de la soirée il était même prêt à endosser le rôle d'une table à repasser. Si encore le jeune musicien pratiquait le repassage, or ce n'était pas vraiment le cas. Il eut tout juste le temps d'abandonner ses effets personnels sur un meuble dans l'entrée que déjà son compagnon partait s'écrouler dans le canapé du salon. Dans un soupir las, il ôta ses chaussures puis le rejoignit d'un pas lent, très lent même. Ses petits yeux se perdirent dans la contemplation pénible du corps à la fois frêle et musclé de son homme et pour une rare fois, il éprouvait tout sauf du désir pour lui. Du moins, à cette seconde précise, il ressentait une peine profonde au plus profond de son cœur. « Tes chaussures... » murmura-t-il inutilement car les boots étaient déjà en contact avec le tissu du sofa. « Tu ne vas pas mourir, Bailey, » répondit-il en s'asseyant sur l'accoudoir près de ses pieds. La suite le prit quelque peu de court car il sut pas quoi dire et demeura silencieux de longues secondes. « Ce que je comprends, moi, c'est que tu puisses vouloir me blesser à cause de cette histoire. Mais je refuse que tu te fasses du mal, tu m'entends ? » Cela ne servait pas à grand-chose de discuter avec lui, son cerveau ne semblait plus capable d'assimiler correctement les informations données, mais il désirait sincèrement qu'il l'écoute.

La situation n'avait rien de drôle et le rire de son petit ami s'avérait plus angoissant qu'amusant. Loin d'être communicatif d'ailleurs, le visage de Tom se ferma progressivement plus les minutes s'égrenaient. Il attrapa les pieds de son compagnon et les plaça sur ses cuisses pour le débarrasser de ses grosses bottines qu'il balança sans ménagement au sol. Ses mains d'ours glissèrent sous son pantalon avant de lui caresser ses fines chevilles du bout des doigts, le regard perdu dans le vague, face à lui.
« Tu as besoin d'une aspirine, » lâcha-t-il subitement, comme sorti de nulle part. « Mais avant, on va se charger de te donner une bonne douche, qu'est-ce que tu en dis, Bee ? » Nul doute qu'il lui faudrait plus qu'un seau entier rempli de glaçons pour lui remettre les idées en place mais après toutes les péripéties de la soirée, un peu de douceur leur ferait du bien à tous les deux. Il ne pouvait décemment pas lui en vouloir d'avoir envoyé son poing dans le visage pâle de David, en revanche il était dans son droit de ne pas apprécier ses manières de faire la fête. Il se remit debout pour venir s'accroupir près de lui, au niveau de son épaule. « Je t'aide à aller jusque là-bas? » demanda-t-il d'une voix à peine audible, les yeux plissés en une expression soucieuse.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Dim 9 Nov - 15:56

La descente était pénible et douloureuse, Bailey pouvait sentir chacune de ses veines et artères en feu, comme s’il s’apprêtait à entrer en combustion d’un moment à l’autre. Peut-être qu’il allait le faire, après tout. Cela réglerait pas mal de ses soucis et Tom serait à nouveau libre d’aller flirter avec qui il voulait. Il n’aurait manqué à personne, puisqu’il ne possédait plus aucune famille consciente et que ses amis n’étaient jamais là pour lui – sauf s’il avait quelques cachetons à partager. Magdalena aurait été la seule à faire le déplacement pour ses funérailles, et encore, si elle en trouvait le courage. Ses pensées négatives ne l’aidaient guère à améliorer son état et la souffrance n’allait que croissante. « Je n’avais pas mal avant que tu arrives, » fit-il remarquer dans une grimace, son visage dissimulé derrière un de ses bras. Certes, la rechute serait arrivée avec ou sans Tom, mais il était évident que ce dernier avait accéléré le processus, surtout avec la présence de David dans les parages. Il oubliait d’ores et déjà la minute de pur bonheur qu’il avait éprouvé au moment où son petit ami l’avait rejoint dans le club et le baiser échangé, tout cela lui semblait trop lointain, presque aussi distant qu’un rêve au moment de se réveiller. Son toucher, qui aurait dû lui faire plaisir, après une telle soirée, était aussi agréable qu’une poignée de poil à gratter frotter contre sa peau. Il ferma les yeux pour ne plus l’avoir dans son champ de vision et il s’endormit presque, tiré de sa torpeur par la voix de Tom. L’aspirine était une bonne idée, en théorie, mais il doutait de son efficacité après tout l’alcool ingurgité, ainsi que le reste des drogues dont lui-même ignorait la composition. Il resta silencieux une minute avant de rouvrir les yeux et de tourner la tête vers son ours de petit ami. « Je pense pouvoir marcher jusque là-bas, » affirma-t-il dans une expiration. Il l’espérait, en tout cas.

Il prit appui sur l’épaule de Thomas pour se remettre sur pieds, encore malhabile sur ses jambes, et, après une quinte de toux qui manqua de le faire tomber dans les pommes, il se dirigea vers la salle de bain. Il aurait pu abandonner Tom derrière lui sans lui prêter attention, comme ce dernier l’avait fait toute cette journée, sauf qu’il avait besoin de sa présence, aussi douloureuse fut-elle.
« J’aurais peut-être besoin d’un coup de main pour sortir de ces fringues, » lâcha-t-il, bras écartés, les ailes retombant mollement dans son dos, leur heure de gloire ayant pris fin de la manière la plus tragique qui fût. Il fixa son homme sans le voir clairement avant de reculer jusque dans la salle de bain, où il commença à se déshabiller dans des gestes maladroits. Il parvint à retirer son pantalon et à ouvrir les boutons de sa chemise mais les foutues ailes d’ange l’empêchaient d’être maître de ses mouvements, il était coincé au niveau des bras et se débattait comme un beau diable. L’état lamentable de ses neurones ne l’aidait pas à trouver un moyen de se sortir du mécanisme pourtant simple de l’accessoire. Il se sentait mal, et maintenant stupide. Belle soirée. « Merde, » râla-t-il avant de s’adosser contre le bord du lavabo, en boxer, chaussettes et la chemise baillant sur ses côtes saillantes.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Dim 9 Nov - 22:23

« Je n'avais pas mal avant que tu arrives. » Cette phrase se répéta un nombre incalculable de fois dans son esprit. Durant le court moment de silence – ou d'absence – de Bailey, pour commencer. Même lorsqu'il lui répondit avec une pointe d'agressivité dans la voix, il fut bien incapable de répondre en conséquence car il demeurait focalisé sur ces précédentes paroles. C'était vraiment méchant, songea-t-il, tandis qu'il servait d'appui à son compagnon qui se remit debout tant bien que mal. Non, vraiment, il ne parvint pas à passer à autre chose. Ne sachant plus que faire de son corps imposant, il resta planté sur place alors que le jeune musicien s'éloignait difficilement vers la salle de bain en réclamant son aide pour se déshabiller. Il l'entendait sans vraiment l'entendre, en fait. Au fond de lui, seule une grande peine semblait l'animer. Il ignorait s'il méritait de tels propos ou non mais jugeait toutefois que son petit ami était allé un peu trop loin pour cette fois. Il consentit finalement à le suivre de l'autre côté de l'appartement et s'adossa aussitôt dans l'encadrement de la porte, les bras pendant mollement le long de son corps. Ses petits yeux tristes l'observèrent tandis qu'il se démenait pour retirer ses vêtements. Sans doute aurait-il pu pleurer ou rire de la situation mais à l'heure actuelle des choses, il ne ressentait strictement rien, il se sentait vide de l'intérieur. En seulement quelques mots, Bailey l'avait littéralement achevé, pire encore que le coup de poing maladroit qu'il avait asséné à David. Néanmoins, son 'merde' le fit sortir de sa torpeur et il se rapprocha de lui en plusieurs enjambées. « Laisse-moi t'aider, » souffla-t-il d'une voix éteinte.

En pleine possession de ses moyens, contrairement à lui, il réussit à lui retirer ses ailes abîmées l'une après l'autre afin qu'il ne l'accuse pas de tirer volontairement sur ses bras pour lui faire davantage mal. Il les relâcha presque immédiatement par terre comme si leur contact lui brûlait la peau avant de pratiquer la même manœuvre avec sa chemise, visiblement sale à ce stade de la soirée. Par la suite, il se mit à genoux devant son homme et le contraignit à lever un pied puis l'autre dans le but de l'aider à ôter ses chaussettes. Ne restait plus que le boxer mais Tom bloqua un quart de seconde sur le ventre plat de son compagnon.
« Je suis désolé, » murmura-t-il sans plus d'explications en frottant son nez à une parcelle de peau sous le nombril. Difficile de dire s'il s'excusait pour la soirée, de manière générale, ou pour son erreur passée. Il l'embrassa délicatement sur l'élastique de son boxer avant de descendre le sous-vêtement en question dans un soupir discret et surtout fatigué. « Est-ce que tu as besoin d'aide pour ta douche ? Ou pour ça aussi, tu peux te débrouiller sans moi ? » demanda-t-il après avoir levé le regard dans sa direction, les mains posées sur ses propres cuisses, toujours assis à même le sol.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Lun 10 Nov - 0:26

Bailey n’était maître ni de ses pensées, ni de ses actions, ce qui commençait à le fatiguer plus que la rechute elle-même. Son corps était épuisé, comme l’attestaient les cernes énormes sous ses yeux ainsi que sa démarche bancale. Une partie de lui avait envie de repousser une énième fois Tom, pour lui faire payer tout le mal qu’il lui avait fait pour de bon, mais la majorité de son organisme réclamait sa présence à corps et à cris. Alors, quand ce dernier s’approcha pour l’aider à s’extirper hors de ses vêtements, il le laissa faire sans émettre le moindre mouvement de résistance ni lâcher un seul son de mécontentement. Du plus loin qu’il s’en souvenait, Thomas avait veillé sur lui, à son bien-être, il ne s’était jamais débiné lorsqu’il avait eu besoin de lui. Il n’avait jamais failli, si ce n’était pour sa tromperie. C’était d’ailleurs pour cela qu’il avait cru pouvoir le pardonner. Un écart en sept ans de relation, il n’y avait pas de quoi renoncer à son âme sœur, si ?  Le jeune Caddon accumulait les failles, de son côté, alors il pouvait bien lâcher du lest même si se retrouver cocu ne lui plaisait guère. C’était pour ces raisons qu’il l’avait pardonné une première fois, parce qu’il lui devait bien ça. Sauf que ce soir, il avait l’impression d’avoir été abandonné une deuxième fois par celui qu’il pensait être l’homme de sa vie, la douleur était par conséquent double. « Merci, » murmura-t-il dès qu’il se mit à l’aider, honteux. Il n’osait pas le regarder, heureusement que Tom n’essayait pas non plus d’instaurer un contact visuel durant son déshabillage qui n’avait pour le moins rien de sensuel. Ils étaient bien loin du désir charnel dont ils avaient l’habitude, même après une relation aussi longue. Il n’avait lu que pitié et déception dans les yeux de son homme tout au long de la soirée. Ils n’étaient pas un couple soudé, ce soir-là, ils étaient un malade accompagné de son assistant de vie.

Désolé, il l’était aussi. Pas d’avoir frappé David, ce connard l’avait mérité, mais de s’être donné en spectacle de la sorte devant lui. Tom n’aimait pas qu’il se drogue, il en avait conscience depuis le départ, toutefois cela faisait partie de ce qu’il était et même si sa consommation s’était réduite au fil des années, il ne comptait pas arrêter de sitôt. Se retrouver dans un tel état, pourtant, ne lui était pas arrivé depuis longtemps, et il s’en voulait, maintenant que son taux de poison redescendait. Il referma ses deux mains dans la nuque de Tom et hocha la tête lors de son baiser, un simple contact indirect qui fit rouler une larme sur sa joue. Ses défenses s’affaissaient, il était au bout du rouleau. Complètement nu face à un gabarit tel que Tom, et même si ce dernier était en position de faiblesse, à genoux, le rendait vulnérable, insignifiant. Il n’était pas assez bien pour le nouveau Tom Wilson, au final, il ne l’avait jamais été. David devait être un meilleur parti.
« Je veux bien que tu me frottes le dos, » répondit-il dans un reniflement bruyant. Il gratouilla la nuque de son compagnon et esquissa un sourire. Il n’était peut-être plus l’homme fait pour lui, mais il l’avait à lui pour cette nuit encore, alors il allait en profiter tant qu’il pouvait. Il se recula d’un pas pour se défaire de son étreinte et entra dans la cabine de douche avant d’allumer l’eau. Le jet fut d’abord glacé, il ne s’en formalisa néanmoins pas, au contraire, l’eau froide contribua à baisser un chouïa sa température corporelle. Une minute plus tard, elle était déjà plus chaude et agréable, n’attendant plus que Tom pour être parfaite.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Mar 11 Nov - 18:21

Tom était envahi d'un étrange sentiment, comme un mauvais pressentiment. Bailey était tantôt froid tantôt sympathique avec lui. Ce devait être dû aux différentes drogues qui consumaient son organisme de l'intérieur, du coup il préféra ne pas s'en formaliser plus que cela. Le musicien ignorait probablement la portée de ses mots au moment même où il les prononçait et même s'il possédait sans nul doute un nombre impressionnant d'excuses, il n'arrivait pas à accepter ce qu'il lui avait dit un peu plus tôt. Oui, il s'était lui-même donné à vie le mauvais rôle en osant toucher un autre homme que le sien mais avec le temps, il commençait à se lasser de toute cette rancune à son égard. Bien sûr, il avait longuement pleuré, promis de changer, en plus de supplier son petit ami de le récupérer, lui certifiant qu'il était prêt à tout encaisser pour ne pas le perdre. Même si ces promesses étaient toujours valables aujourd'hui, il accusait toutefois le coup ce soir. Il était peut-être la bête à abattre selon son compagnon, mais lui aussi avait des raisons de se sentir délaissé, déçu par son comportement, mais surtout blessé par son attitude et ses paroles cinglantes. Son silence était ainsi, en partie, justifié pour ces nombreux détails. Quelque chose en lui s'était brisé et il avait bien du mal à remettre un pied devant l'autre. Son courage avait ses limites et à cette seconde précise, il ne parvenait plus à être fort pour deux. Il n'avait plus envie de rien, si ce n'était de s'asseoir dans un coin pour cesser de respirer une bonne heure. Cette soirée s'avérait bien trop mouvementée pour Thomas, il s'était préparé à bien des choses étant donné le petit ami qu'il possédait, mais il ne s'était pas attendu à tout cela.

Il hocha faiblement la tête à sa requête avant de se remettre lentement debout. Bailey disparut dans la douche et il mit un temps certain à comprendre qu'il s'agissait d'une invitation à l'y suivre. Il comptait retirer ses chaussettes et rentrer entièrement habillé dans la douche simplement pour frotter le dos de monsieur, si cela pouvait aider ses muscles à se détendre. A ce stade, tout ce qu'il souhaitait c'était une trêve, que le jeune homme puisse s'endormir dans de bonnes conditions et que son état soit stable. Il se déshabilla puis le rejoignit à l'intérieur de la cabine de douche, refermant la porte derrière lui. Cela faisait un petit moment maintenant qu'ils ne s'étaient plus douchés ensemble. Depuis que leurs problèmes étaient nés, Tom avait le sentiment qu'il ne le désirait plus étant donné le nombre de fois où Bee lui avait répété qu'il préférait sa graisse à ses tablettes de chocolat.
« Montre-moi ce dos, » souffla-t-il en se plaçant derrière lui. Il se pencha pour prendre le gel douche et l'ouvrit après s'être muni d'un gant dans lequel il versa un peu du liquide. Il se mit alors à lui frotter les épaules avec le bout de tissu, descendant progressivement le long de sa colonne vertébrale saillante. « C'est vraiment ce que tu veux ? » commença-t-il d'une voix faible sans cesser ses frottements. « Tu veux que je m'éloigne de toi, que je te laisse tranquille ? » Sa voix s'étrangla sur la fin de sa phrase. « Si tu n'as pas mal quand je ne suis pas dans les parages... » Il déglutit bruyamment sa salive, marquant une pause le temps de ravaler ses larmes. « Est-ce que tu as peur de me dire que tu serais plus heureux sans moi ? »
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Mar 11 Nov - 23:58

Le temps fut interminable jusqu’au moment où Tom le rejoignit dans la cabine de douche, tant et si bien que Bailey se demanda s’il allait pointer le bout de son nez. Il eut un soupir de soulagement quand il débarqua sous le jet et, dans un réflexe, se poussa dans un coin pour lui laisser la place requise pour son grand corps. Il écarta un bras qu’il s’apprêtait à passer autour de lui mais Thomas lui intima de se tourner pour lui frotter le dos, comme il l’avait lui-même réclamé. Il baissa la tête, garda ses bras ballants le long de ses côtes saillantes et attendit que les minutes se passent. Les gestes de son petit ami étaient délicats, il prenait garde à ne pas appuyer trop de peur sans doute de le casser, et malgré la chaleur de l’eau qui s’écoulait sur eux, Bailey eut un frisson dès que sa main descendit au-dessous de ses omoplates. Perdu, loin, dans les nuages cotonneux de son esprit, il mit un instant avant de comprendre la conversation qui venait de reprendre. Il rouvrit les yeux, l’eau glissant sur ses longs cils, et secoua la tête de gauche à droite. Il avait oublié l’ignominie qu’il lui avait lancée plus tôt mais ses paroles lui rappelèrent et il se sentit tout à coup très honteux. Son taux de stupéfiants avait dû bien descendre depuis son retour à l’appartement pour qu’il ressente toutes ces émotions contradictoires. « Je ne sais pas ce que je veux, Tommy, » chuchota-t-il, la gorge encombrée. Il se retourna avec lenteur pour lui faire face. Il se sentait encore plus petit quand ils étaient tous les deux nus, car il n’avait alors pas la possibilité de se dissimuler derrière des vêtements amples. Il était ridicule, avec ses centimètres en moins, mais surtout les nombreux kilos qui lui faisaient défaut.

Il conserva son visage en face de lui, au niveau du menton mal rasé de Tom, sans oser le lever davantage.
« Tu as vu dans quel état je me mets quand tu n’es pas dans les parages ? » Il ne connait plus aucune limite lorsqu’il disparaît de son champ de vision trop longtemps. La preuve, il l’avait récupéré dans un taudis à la fin de leur rupture. Il mourrait s’il ne l’avait pas, ou finirait à la rue, à faire la manche sur Hollywood Boulevard comme tant d’autres. Il ramena une main hésitante sur son torse parfaitement épilé et le gratouilla de son index au niveau de son sternum. « Tu es l’homme de ma vie, Tommy Bear, je ne pourrai jamais être heureux ailleurs qu’avec toi. » Peut-être qu’il avait connu son quota de bonheur, au cours des sept dernières années, que sa dose était arrivée à terme et qu’il devrait finir ses jours avec les souvenirs de ces beaux moments passés. Peut-être qu’ils ne s’en remettraient jamais, qu’ils partiraient chacun de leur côté, que Tom se recréerait une vie mais que lui finirait minable, seul et pathétique. « Je t’embrasserais bien pour te prouver à quel point je t’aime mais je dois avoir une haleine déplorable, et je n’ai pas envie de dégoûter plus que je ne le fais déjà..., » confessa-t-il en venant se blottir contre son grand corps sécurisant.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Mer 12 Nov - 23:12

Bailey était un jeune homme souvent difficile à suivre mais aujourd'hui ses paroles semblaient très claires, plus claires que d'habitude même. Plus les minutes s'écoulaient, plus il avait l'impression qu'une chose grave allait se produire. Un événement qu'il redoutait grandement, car il n'y était pas du tout préparé. Il ne se sentait pas prêt à quitter ce foyer, abandonner cette union qui durait depuis de longues années. Même s'ils possédaient déjà une rupture à leur actif, il ne désirait pas le moins du monde réitérer l'expérience. La vue du corps si frêle et si osseux de son petit ami lui fit davantage réaliser à quel point il voulait le chérir et le rendre heureux à nouveau. C'était plutôt mal parti pour le moment. « J'ai besoin que tu saches ce que tu veux, Bee... » répondit-il d'une petite voix vulnérable. Une relation ne se bâtissait pas seul, il fallait être deux pour la faire tenir. L'un de leurs nombreux problèmes, c'était qu'à tour de rôle ils menaçaient l'équilibre de leur histoire commune. Tantôt Tom ne représentait qu'une énorme déception, tantôt Bailey agissait avec immaturité. Il refusait catégoriquement d'envisager une quelconque séparation mais chaque fois que son compagnon ouvrait la bouche, il craignait que ces mots ne franchissent ses lèvres. Compte tenu de son parcours personnel, il ne pouvait hélas plus faire appel. Le jeune musicien lui avait une fois pardonné, visiblement cela ne fonctionnait plus, et maintenant ils n'étaient plus en phase. De cela aussi, il était désolé. Il avait commis l'erreur de lui lâcher la main à un moment, depuis il était devenu compliqué d'entrer physiquement en contact avec lui. Jamais il n'aurait dû se détourner de son chemin premier.

Aujourd'hui plus qu'un autre jour, il se sentait affaibli, vulnérable, triste et à fleur de peau. Ses yeux s'imbibèrent de larmes dès l'instant où le jeune homme se retourna vers lui pour lui faire face. Il se passa une main nerveuse dans ses cheveux désormais humides, détournant le regard un bref instant.
« Ce que tu fais est parfois mal mais je suis conscient que tu t'amuses davantage quand je ne suis pas là. » Comme si au final, sa présence rendait mal à l'aise son petit ami. Lui faisait-il désormais honte ? Cette pensée lui tira une grimace silencieuse tandis qu'il reportait son attention sur lui. « Tu ne me dégoûtes pas, Bailey, » le rassura-t-il en l'entourant d'un bras protecteur. « Regarde-toi un peu. Même complètement retourné, tu restes magnifique à mes yeux. » Jamais il ne sera en mesure de critiquer sa beauté particulière. Ses yeux clairs brillaient certes d'un bleu électrique peu naturel, leur contour était d'un rouge vif, et pourtant il continuait bêtement de s'y perdre chaque fois qu'il le regardait. Il glissa sa main libre sous son menton pour l'obliger à le regarder et se pencha légèrement afin de frotter son nez contre le sien avant de sceller leurs lèvres ensemble. Le baiser fut lent, très calme et surtout appliqué, souhaitant lui faire comprendre qu'il l'aimait toujours d'un amour fou. Bailey était son numéro un, son seul et unique, car la liste n'était constituée que de lui, il n'y avait personne d'autre.
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Bailey Caddon
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Lun 17 Nov - 0:32

Il y avait bien des choses que Tom ne pouvait exiger de Bailey, cette nuit-là, mais sa requête parvenait en numéro un sur la liste. Sa cervelle était en compote, son cœur en lambeaux, il n’avait aucun moyen de réfléchir à ce qu’il avait mangé le matin même – la réponse était « rien », puisqu’il n’avait avalé qu’un café la veille, dans l’après-midi, et ne s’était pas préparé quoi que ce fut depuis – alors connaître sa position quant à l’avenir de leur relation, c’était comme lui demander de gravir le mont Everest sans corde de sûreté. Seule une chute mortelle l’attendait, là en bas. « Je ne sais pas, » répéta-t-il à plusieurs reprises, comme un fou bon pour l’asile, d’une toute petite voix discrète, comme s’il allait se faire disputer s’il haussait trop le ton. Ce n’était pas la réponse attendue par Thomas, alors il avait peur de lui faire entendre. Il désirait du plus profond de son âme rester avec lui, en sa compagnie, sauf qu’il se sentait comme la dernière des merdes dès qu’il se trouvait en sa présence. Il n’avait pas été suffisant. Il avait échoué dans son meilleur rôle. Il lui avait donné des raisons de lui être infidèle. Il ne lui restait plus rien à cette heure, que sa honte, son désarroi, et ses pensées destructrices. Et pourtant, il ne pouvait imaginer lui faire part de ses insécurités lorsqu’il se trouvait dans un état normal, sobre. Il ne devait ses confidences nocturnes qu’au taux élevé de drogues dans son organisme. Nul doute qu’il le regretterait au petit matin. Bailey était un être triste de part son histoire, toutefois il préférait agir de manière positive au quotidien. Il y était parvenu, jusque récemment. L’expression du visage de Tom, qui était loin, lui aussi, du nounours protecteur auprès duquel il puisait force et chaleur depuis une dizaine d’années, acheva de lui fendre le cœur et les larmes lui montèrent à nouveau aux yeux.

Il l’écouta avec attention et embarras, ses joues creusées par l’angoisse d’entendre un mot qui signifierait la fin d’eux. Pourtant, les paroles de Tom étaient aussi romantiques qu’auparavant, même si décevantes, au final. Bailey ne se reconnaissait pas dans sa courte description élogieuse. Il était laid, intérieurement comme extérieurement. David était magnifique. C’était cette pensée qui le traversa au moment du baiser offert par son petit ami et qui l’empêcha de profiter du moment. Ses lèvres remuèrent au même rythme que les siennes, ses doigts rentrèrent dans la chair de son torse, jusqu’à ce qu’il le repoussât pour y mettre un terme. Il esquissa un sourire qui dévoila temporairement ses longues incisives avant de s’essuyer le dessous des yeux, où les larmes se mêlaient à l’eau de la douche. Il se retourna d’ailleurs pour arrêter le jet et la salle de bain fut plongée dans le silence le plus complet. Il n’avait plus rien à ajouter après de telles déclarations, il était vide. Il parvint néanmoins à pouffer, visage baissé.
« Quelle journée de merde, hein ? » Il renifla bruyamment avant de revenir se blottir contre l’imposant torse de son compagnon. « Et le pire dans tout ça est que je n’aurais même pas droit à mon sexe d’anniversaire, » plaisanta-t-il.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Sam 22 Nov - 23:45

Voir l'homme de sa vie ainsi détruit, physiquement et moralement, par sa faute, l'anéantissait au plus haut point. Il avait toujours soutenu ce couple, depuis le départ d'ailleurs, c'était lui l'aîné des deux et le plus mature, celui qui avait la tête sur les épaules. Et pourtant, il était aujourd'hui celui qui avait fauté, de la plus atroce des manières. Bailey et lui, c'était pour la vie. Dès l'instant où le jeune musicien avait accepté de se mette en couple avec lui, il l'avait su immédiatement. Rien n'était écrit par avance et aucun contrat n'avait été signé par les deux hommes mais malgré cela, il se sentait uni à lui, à la vie à la mort. Du moins, lui le pensait encore. Mais il n'était pas certain que ce fut ce qu'éprouvait son petit ami fragilisé. Il avait failli à son rôle de petit ami, le plus important de tous, de ce fait Bailey possédait toutes les raisons du monde de ne plus croire en eux, à leur histoire, à leur parcours. En une soirée, Thomas avait piétiné et écrasé tant d'années de relation. Le temps faisait des miracles mais était-il capable de réparer leurs blessures ? Sa volonté de retrouver un quotidien stable avec lui était immense, seulement il fallait que le désir provienne des deux partis. Avec de la rancœur, difficile de réaliser un tel projet. Il refusait catégoriquement de l'abandonner, définitivement, car il l'avait déjà fait une fois en couchant avec David. Comment le lui faire comprendre ? Son compagnon semblait douter de lui et de sa capacité à se faire pardonner. Il prétendait le contraire, en se montrant plus ou moins souriant à chaque fois qu'il ouvrait les yeux sur une nouvelle journée, mais Tom n'y croyait désormais plus. Ainsi intoxiqué, la véritable nature de son homme ressortait, ses désirs les plus profonds et sincères, il était complètement à la ramasse. Et le pire dans cette histoire, c'était que son principal ennemi était le seul capable de lui venir en aide. Il disait craindre de faire naître du dégoût chez son petit ami à cause de son haleine dérangeante à cause des abus de la soirée alors que c'était le jeune acteur qui inspirait davantage l’écœurement.

Bien qu'étant dans un état déplorable, Bailey lui semblait toujours aussi magnifique. Ses yeux d'un bleu déstabilisant faisaient toujours autant leur petit effet sur lui, malgré la fatigue certaine dont ils souffraient vraisemblablement.
« Je suis désolé d'avoir ruiné cette journée... Je sais à quel point tu comptais sur moi. » Comme tous les ans à dire vrai. Ses dernières paroles le firent rire discrètement tandis qu'il le serrait contre lui avec affection. « Nous sommes déjà demain donc techniquement, il ne s'agira plus d'un sexe d'anniversaire... mais pourquoi n'y aurais-tu pas droit, Bee ? » Il lui déposa un fort et bruyant baiser sur le front. « Je propose qu'on se lave tous les deux les dents et qu'on aille mettre un terme à cette soirée dans notre lit, qu'en dis-tu ? » Il lui frotta vivement le dos pour le réchauffer car maintenant que l'eau était coupée, il ne faisait plus tellement chaud dans cette douche. « Si c'est ce que tu veux et que tu n'es pas trop fatigué pour ça... on peut perpétuer la tradition, » murmura-t-il en appuyant sa tête contre la sienne.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Dim 23 Nov - 23:35

La descente avait été plus rapide que le temps nécessaire à ingurgiter tous les cachets et fumées qui lui avaient été donnés au cours de la soirée. Il était désormais clair, même s’il aurait désiré avoir encore quelques minutes d’effets secondaires pour ne pas ressentir le froid sur son corps laissé à l’abandon. Les bras de Tom lui gratifièrent une chaleur bienvenue mais trop éphémère à son goût. « Lavons nous les dents et allons au lit, oui, » approuva-t-il tandis qu’il s’éloignait de lui pour le laisser sortir de la cabine de douche. Il était impensable pour lui de faire des folies de son corps alors que celui-ci était dans un état pitoyable, qu’il était probablement desséché de l’intérieur de n’avoir bu que de l’alcool de toute la journée, mais il ne voulait pas donner l’impression de repousser Thomas. Il ne l’avait que trop fait jusque là. Il mit un pied sur le carrelage de la salle de bain, attrapa sa serviette de toilette pour se sécher dans des gestes mécaniques, dénué de vie. Mais au moins il bougeait par lui-même, il y avait de l’amélioration par rapport à son arrivée dans l’appartement. « Ton frère n’est pas là, » remarqua-t-il alors qu’il finissait de frotter ses jambes avant d’enfiler un bas de pyjama trop large – ils l’étaient tous – et de relever la tête vers Tom. « Tu l’as viré pour la soirée ou bien est-ce un heureux hasard ? » Il esquissa un fin sourire qui manquait cruellement d’amusement puis se rapprocha du lavabo. Il ne pouvait supporter l’image que lui rendait le reflet donc il passa les trois minutes du lavage de ses dents à regarder la robinetterie, comme si c’était l’objet le plus attrayant qu’il lui avait été donné de voir au cours de sa vie.

Il cracha un peu de sang au moment de se rincer la bouche, mais il ne s’agissait pas d’une anomalie, cela lui arrivait souvent, surtout quand il buvait beaucoup, sans doute un moyen trouvé par son organisme d’extérioriser le mauvais traitement qu’il lui infligeait au quotidien. Il laissa ensuite la place à Tom et vint se placer dans son dos, qu’il caressa du bout des doigts avant d’y déposer un bref baiser.
« Est-ce que tu as bien fermé la porte d’entrée ? » demanda-t-il d’une voix absente, sans idée d’aller vérifier lui-même. Il était trop épuisé pour ça et il pensait avec sérieux que Tom était le protecteur de la maison, c’était son job de veiller à leur sécurité. Il n’ajouta rien d’autre avant de quitter la pièce, il se dirigea directement vers la chambre, croisant au passage le chien bruyant de Clay. Il marmonna dans sa barbe sans avoir la force de l’insulter et lui referma la porte sur son museau, fort heureusement pour lui, inexistant. Le petit brun s’installa de son côté du lit, referma la couverture sur ses épaules couvertes de chair de poule et attendit d’être rejoint par son petit ami. Sauf que ce dernier ne fut pas assez rapide, puisqu’en à peine deux minutes en position allongée, Bailey ferma les yeux et s’endormit instantanément.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Dim 7 Déc - 23:07

« Hélas, je crois qu'il s'agit d'un heureux hasard, » répondit-il avec un sourire timide. Ces derniers jours, voire semaines, avaient été pas mal mouvementées pour le jeune acteur. Depuis l'arrivée de Clay à l'appartement, il n'avait jamais vraiment pris le temps de discuter avec son frère, par conséquent son jumeau errait tel un fantôme chez eux. Ou bien était-il un invité si peu désirable que le couple ne s'intéressait pas le moins du monde à lui. Dans le cas de Tom, ce dernier pensait avoir de très bonnes raisons personnelles de lui en vouloir et pour l'heure, il n'était pas prêt à tirer un trait sur le passé. Lui pardonner ses erreurs ou ses attitudes déplacées n'était pas à l'ordre du jour. Et même s'il n'était pas lui-même un être exemplaire, de part sa tromperie, il estimait mériter mieux qu'une relation fraternelle aussi bancale. De plus, sa relation avec Bailey ne devait pas entrer en compte dans toute cette histoire car leurs problèmes ne regardaient qu'eux. Clay était un individu puéril et immature, incapable d'endosser la moindre responsabilité. La seule qu'il semblait posséder, et il était difficile de juger son niveau de sérieux, c'était son chien, aussi bête que son maître. Après avoir vivement frotté son corps, il enfila lui aussi un bas de pyjama et observa discrètement son homme se laver les dents. Il remarqua la présence de sang dans son crachat mais choisit de ne pas commenter pour le bien de tout le monde. La soirée avait suffisamment été éprouvante pour tout le monde. Même si cela ne devait pas être trop grave, saigner des gencives pouvait arriver à n'importe qui, il préférait surveiller son compagnon de près car la prochaine fois, le sang pourrait provenir de plus loin dans son organisme. « Oui, » marmonna-t-il simplement lorsqu'il lui demanda s'il avait correctement fermé la porte. Ayant désormais la bouche pleine, comme il se lavait les dents, il lui adressa juste un regard doux dans le reflet du miroir pour lui indiquer qu'il appréciait le bisou dans son dos. « Tu... » commença-t-il en ouvrant la porte de la chambre mais en voyant les yeux fermés de son homme, il se tut. Il referma derrière lui dans un petit soupir avant d'aller le rejoindre sous les draps. Après l'avoir embrassé sur la joue, il posa une main sur sa fine taille tout en restant de son côté du lit et s'endormit en seulement quelques minutes, tout de même soucieux.

Sur les coups de huit heures du matin, il se réveilla dans un bâillement semblable à un rugissement bestial, à l'image de sa corpulence. Sans grande surprise, il trouva son petit ami profondément endormi, il n'avait d'ailleurs même pas changé de position, signe qu'il ne s'était pas réveillé de toute la nuit. Il le laissa dormir encore un peu et s'éclipsa discrètement de la pièce, même si la présence d'une fanfare ne l'aurait très certainement pas dérangé dans son sommeil. Il prit le temps de s'appliquer en cuisine pour lui préparer un petit-déjeuner digne de ce nom. Au programme, des œufs brouillés, du jus d'orange frais, un thé anglais, un croissant, et des toasts accompagnés de confiture à l'abricot, le tout servi sur un grand plateau. Lorsqu'il revint dans la chambre, Bailey n'avait toujours pas remué, étendu dans le lit comme un pantin sans vie, c'était à peine si l'on voyait son petit bidon se soulever sous sa respiration étant donné l'épaisseur de leur couverture. Il déposa le plateau de son côté du matelas et alla chercher le 'petit plus', la cerise sur le gâteau, autrement dit un joli petit écrin noir, qu'il coinça clandestinement à côté des toasts.
« Hey Bee... » murmura-t-il avec une douceur extrême en lui glissant le revers de sa main dans ses cheveux pour dégager son visage innocent. « Il faut se réveiller, » poursuivit-il en frottant son pouce sur sa tempe, n'osant pas le découvrir sous les épaules car il risquerait de se lever du mauvais pied et il voulait à tout prix éviter de le voir d'une humeur exécrable.
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Mer 10 Déc - 22:45

Les soirées trop arrosées possédaient leur lot de contraintes et de points négatifs, toutefois, le côté agréable résidait dans la lourdeur du sommeil qui s’imposait dès lors qu’un fêtard fermait les yeux. Bailey était parti loin, très loin, quand Tom refit son apparition dans la chambre. Dans le monde de ses rêves, il n’était plus question de tromperie, d’abus de drogues, de déception et de désespoir. Il se trouvait dans un univers de calme et de sérénité, où le néant l’encadrait, et rien d’autre. Que cela était reposant. Son petit corps fragilisé par les excès n’en pouvait plus de toute cette pression qui s’exerçait autour de lui, entre ses problèmes de couple et professionnels, il perdait pieds et le pire dans cette histoire était qu’il avait le sentiment de ne pouvoir en discuter avec personne. Même sa meilleure amie n’était plus l’oreille attentive d’autrefois. Il avait sans doute besoin d’un break loin de tout, de vacances, sauf qu’il n’avait pas les moyens de s’en aller seul et que son petit ami était trop occupé avec sa vie d’acteur pour mettre sa carrière entre parenthèses pour un type qui, au final, serait toujours à ses côtés malgré les embûches. C’était son nouveau lot. Auparavant, il avait été le petit protégé, celui pour qui Tom se serait damné, désormais les rôles étaient inversés et c’était à Bailey d’endosser la responsabilité d’être le soutien moral. Nul besoin de préciser qu’il était absolument navrant dans cette fonction. Il avait essayé, évidemment, mais cela s’avérait de plus en plus dur et il n’avait pas su gérer la pression. Cette soirée avait été la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase et sonner la limite de son ras-le-bol. Il s’en voudrait à son réveil, mais, en attendant, il profitait d’un sommeil qu’il pensait mériter, ou en tout cas bienvenu. Même quand Tom se tira du lit, le lendemain matin, il ne bougea pas d’un pouce. Il fallut sa voix douce pour parvenir de le tirer hors des bras puissants de Morphée, et encore, ça ne se fit pas sans difficulté.

Dans un râle animal, à mi-chemin entre le grondement d’un ours et le miaulement d’un chat, il étira un bras en dehors de la couverture et le reposa dessus.
« Je suis fatigué, » se plaignit-il d’une voix éraillée. Ses yeux eurent du mal à trouver le courage de s’ouvrir, mais ils reçurent un coup de main de son odorat qui reconnut l’odeur caractéristique d’un copieux petit-déjeuner. Un sourire endormi se dessina sur ses lèvres tandis qu’il roulait sur le dos afin de pouvoir contempler l’agréable visage de son petit-ami. « Tu m’as amené le petit-déj au lit, » commenta-t-il sans tourner la tête vers le plateau en question, obnubilé par le sourire de Tom pour le moment. Après des mois difficiles teintés de disputes ou d’ignorance, voilà que leur couple retrouvait un semblant de romantisme. Certes, il était un peu tard pour songer rattraper tout le temps perdu, cependant le geste était appréciable. Il se redressa sur ses avant-bras pour installer son dos contre le dessus de lit et pouvoir déplacer le plateau sur ses jambes tendues sous la couette. Il remua ses orteils de contentement avant de tendre un bras afin d’attraper Tom par le cou et l’attirer contre lui pour le remercier d’un tendre baiser. Il n’avait pas encore réfléchi aux événements de la veille, il ne comptait pas le faire dans l’immédiat, il acceptait cette trêve et les avantages qui l’accompagnaient. « Du thé..., » sourit-il avec amusement. Il n’en avait pas bu depuis des lustres, et pourtant, c’était la boisson de ses origines, la raison pour laquelle il avait de très nombreuses rechutes d’accent malgré les années passées aux Etats-Unis. Il entama son repas par les œufs brouillés, dans un généreux coup de fourchette, puis se figea au moment de s’attaquer aux toasts. « Mon anniversaire était hier, Tommy. » Il fronça les sourcils et attrapa l’écrin pour l’ouvrir. Habitué aux bijoux en tout genre, il ne fut pas préparé au type de bague qu’il trouva à l’intérieur. Il ouvrit la bouche et la referma dans le vide, incapable de se prononcer sur ce qu’il était en train de vivre. Il esquissa un sourire embarrassé en relevant les yeux sur lui. « C’est... » Une demande en mariage ?
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Dim 14 Déc - 23:05

La pression était un état constant chez Tom. Il la vivait certes de différentes manières mais toujours quotidiennement, hélas. Celle médiatique était très certainement la pire de toutes car c'était elle qui l'avait transformé en cet idiot personnage. Jamais dans toute sa vie, il n'avait eu honte d'être homosexuel, pas une seule fois. Cela n'avait jamais représenté un quelconque problème. Maintenant qu'il devenait, progressivement, une image publique et avait comme l'impression d'appartenir à la population, il ne pouvait plus apprécier la simplicité d'une promenade au bras de son homme. C'était impossible. Du moins c'était ce que son agent lui répétait. Il était payé pour lui prodiguer de bons conseils, assurer ses arrières et faire en sorte de rester dans le cœur du public. Apparemment un jeune acteur tel que lui ne pouvait pas se permettre de clamer haut et fort son homosexualité, cela pourrait nuire à son image et l'empêcher d'obtenir des contrats pour le type de films qu'il chérissait le plus, l'action. Bien entendu, Tom n'était pas de cet avis mais il avait tout de même choisi de suivre les belles paroles de son agent. Pour le plus grand malheur de son couple qui, depuis, ne vivait que des déceptions. La célébrité lui était montée à la tête, si bien que celle-ci avait modifié certaines facettes de sa personnalité. Jamais il ne se serait imaginé tromper un jour Bailey. Ce petit bout anglais était l'homme de sa vie, il l'avait su rapidement, après seulement quelques mois de relation. Une fois de plus, son métier s'était interposé entre eux. Une fois de plus, il avait failli à son rôle de petit ami. Il n'avait pas pris le temps de fêter convenablement son anniversaire avec lui, s'étant laissé submerger par l'univers du boulot. Il s'en mordait désormais les doigts. Il l'avait laissé échapper à sa surveillance et le résultat n'était pas joli. Dès que le jeune musicien vaquait à ses occupations sans en faire part à son compagnon, cela se terminait forcément mal.

Ce matin, il désirait ardemment rattraper le coup. Et pourquoi pas se faire pardonner, pour la énième fois.
« Je sais que tu es fatigué, mon cœur, mais j'ai envie de passer un peu de temps avec toi aujourd'hui, » souffla-t-il d'une petite voix, tel un malheureux. Il avait pleinement conscience que cela était égoïste de sa part de réclamer une telle chose de son homme, et de le priver d'un sommeil réparateur alors qu'il en avait besoin, mais il se sentait lui aussi au plus bas en ce moment. Par conséquent, il avait besoin de se retrouver un peu avec l'homme qui partageait sa vie. « Je me suis dit qu'un peu de thé te ferait du bien... » Au moral, à l'esprit, à l'humeur. Ses origines le définissaient. Et comme il n'était clairement pas dans son assiette en ce moment, c'était comme si sa famille s'occupait de lui. La communication s'était doucement éteinte entre eux durant cette dernière année, et il ignorait s'il avait besoin de ses parents auprès de lui. Cette boisson chaude était supposée représenter leur foyer, où Bailey devait se sentir bien alors que ce n'était plus le cas. Après le baiser, il resta tout près de lui, simplement appuyé sur son bras tendu, la main posée entre eux. « C'est une alliance, oui, » termina-t-il à sa place. « Je sais que je suis en retard pour ton anniversaire... et j'en suis extrêmement désolé, crois-moi Bee. J'ignore si c'est une bonne idée mais je pense que c'est le meilleur moment pour se lancer. » C'était maintenant ou jamais, songea-t-il. « Cette bague est un peu fade et loin de tout ce que tu peux porter au quotidien, je le conçois, mais elle a une grande signification pour moi et j'aimerais que cette importance soit réciproque... » Il souffla doucement, nerveux. « J'ai peur de te paraître ridicule et la réponse que tu pourrais me donner m'effraie grandement aussi... » Il lâcha un sourire tendu. « Je sais que ça ne figurait pas sur la liste de nos priorités mais, s'il te plaît, réfléchis-y bien. » Il attrapa la main déposée sur la couverture pour la caresser de son pouce. « Je ne suis pas l'homme idéal, je ne le serai sans doute jamais, de plus tu as toutes les raisons du monde de refuser... mais tu es ma moitié, tu l'as toujours été. » Sa voix était tremblotante. Il se remit debout pour mieux pouvoir se mettre à genoux par terre, le bras tendu sur le lit. « Bailey Caddon, cela fait désormais de longues années que l'on vit ensemble et je pense qu'il est temps pour nous de passer à l'étape supérieure. Veux-tu m'épouser ? Uniquement pour le meilleur, je te promets de bannir tout le mauvais dès aujourd'hui. »
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Lun 15 Déc - 22:05

Bailey ne savait pas trop quoi faire, dire ou penser. Il ne s’était pas attendu à se retrouver dans une telle situation ce jour, à cette heure, encore moins dans cet état de fatigue avancée. Il pouvait sourire, rire, apprécier un bon petit-déjeuner préparé avec amour, toutefois il doutait avoir les épaules suffisamment fortes pour supporter la pression d’une déclaration aussi importante. Les doigts refermés sur sa fourchette qu’il n’avait hélas pas eu l’occasion de beaucoup utiliser ce matin, il cligna rapidement des paupières tandis que son regard passait de l’écrin au visage de Tom, incapable de focaliser son attention sur l’un ou l’autre. Il l’écouta avec la plus grande attention, buvant chacun de ses mots qui allaient définir le restant de leur relation. Il était plaisant de l’entendre dire de si belles paroles après les récents événements, mais il apprécia surtout le temps qu’il prenait pour s’exprimer, et qui remettait à un peu plus tard sa prise de décision. Il fut presque déçu quand Tom s’installa sur un genou pour faire sa déclaration en bonne et due forme ; il n’avait jamais joué sur une scène mais il était doué pour la mise en scène et le théâtral, à n’en pas douter. Il y avait beaucoup d’informations à assimiler pour son cerveau embrumé, trop peut-être, donc il se garda quelques secondes après la tirade de Thomas pour tout traiter et ne pas parler de manière irréfléchie. Même avec cet intervalle, cette pause nécessaire, il ne parvenait pas à se fixer sur des paroles à prononcer. Il avait peur de décevoir Tom, de le repousser sans en avoir l’intention, de le heurter ou de le vexer. Il avait un creux dans son estomac, une douleur qui l’empêchait en outre de penser correctement ; il était perdu et nageait à nouveau en plein flou. Son répit n’avait été que de courte durée.

Il prit finalement son courage à deux mains, dans une profonde inspiration, et esquissa un sourire.
« Et bien... C’est assez soudain, » commença-t-il dans une grimace. Il baissa la tête et bougea le plateau de ses genoux sur le matelas pour pouvoir s’installer en tailleur sur la couverture, devant Tom. « Bien sûr que j’ai envie de me marier avec toi, même si j’avoue ne pas y avoir beaucoup songé. Nous nous sommes toujours dit que nous n’avions pas besoin de ça, hein ? » Ils étaient un vieux couple, malgré leurs jeunes âges, ils avaient leurs habitudes, leur histoire, leurs sentiments qui avaient évolué. Le mariage n’était pas supposé arriver avant quelques années encore, au moment où leur couple se serait essoufflé. Peut-être que c’était pour cette raison que Tom lui proposait à cet instant. Ils s’éloignaient l’un de l’autre et avaient besoin de cette union officielle. « Je me demande juste... » Il fit courir son index sur le dessus de la main de son petit ami, sourcils froncés en une expression songeuse. « Pourquoi maintenant ? » Ils étaient dans l’attente d’un lendemain meilleur, et cette déclaration apparaissait presque comme un forçage du destin, pour les obliger à se remettre des derniers mois écoulés. « Est-ce que tu en as parlé à ton équipe ? Ils sont d’accord pour enlever leur golden boy du marché, au risque de perdre des fangirls ? » Il savait comment le milieu hollywoodien fonctionnait, et combien il était plus facile de vendre un jeune acteur célibataire que quelqu’un de marié. Surtout avec un corps aussi bien bâti que celui de Tom, il avait été remodelé pour vendre du rêve, il n’était pas de bon ton de le reprendre aussi tôt. « Est-ce que ça veut dire que je vais devenir le mari de l’ombre, au lieu du simple petit ami ? » Autrement dit, ce mariage va-t-il permettre à Tom de s’assumer gay devant les médias ou bien leur situation restera-t-elle sensiblement la même ?
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Tom Wilson
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Ven 26 Déc - 20:26

Oui, cette demande était très soudaine et tombait de nulle part. Tom n'avait pas eu le temps nécessaire pour réfléchir à la question mais il croyait dur comme fer que cette étape était vitale pour l'équilibre de leur couple. Sans doute agissait-il de manière aussi prématurée par crainte de le perdre, c'était une logique compréhensible, mais toutes les pièces du puzzle n'avaient pas encore été correctement réunies. Du coup, comment savoir ce qui était vraiment bon pour les deux jeunes hommes ? Autrefois, il pouvait se targuer d'être l'âme sœur de Bailey mais qu'en était-il aujourd'hui ? Tellement de choses s'étaient passées dernièrement, en si peu de temps d'ailleurs, ou bien ne voyait-il pas les mois s'écouler. Perdre l'homme de sa vie était bien la dernière choses qu'il souhaitait. Même si le jeune musicien avait accepté de revenir vivre avec lui, redonnant ainsi une seconde chance à leur histoire, il n'était pas persuadé qu'il se donnait à 100% dans cette relation, comme si son compagnon avait cessé d'y croire depuis la tromperie. Pourquoi revenir à ses côtés dans ce cas ? Il espérait sincèrement pouvoir se faire pardonner et ainsi cesser de voir quotidiennement de la déception dans ces deux magnifiques yeux d'un bleu éclatant. « Je sais qu'il n'a jamais été question pour nous de nous marier... » Leur amour leur suffisait à tous les deux, avant cela. « Mais j'ai cette désagréable impression que tu ne crois plus en mon amour pour toi. » Il se releva pour se rasseoir au bord du matelas, son regard triste perdu dans le sien. « J'ai besoin de savoir si tu as encore confiance en moi, en notre histoire, en nous. Est-ce que tu imagines un avenir possible ? Est-ce que tes espoirs sont toujours les mêmes ? » Il refusait d'admettre qu'il le retenait prisonnier depuis tout ce temps. Bailey avait peu d'estime et de considération pour lui-même, cela n'allait pas en s'arrangeant, et il le savait capable de rester avec lui à défaut d'avoir une situation meilleure que celle-ci. Et cette pensée lui déchirait le cœur. Il n'était pas un monstre ou du moins il ne pensait pas l'être, et même si cette idée l'affectait grandement, il ne pouvait aller contre son désir de rompre si telle était sa décision.

Comme Bailey tardait à bien vouloir se saisir de l'anneau, Tom referma l'écrin et le déposa simplement entre eux, sur la couverture.
« Je n'en ai parlé à personne, Bee, pour la simple et bonne raison que ça ne regarde que nous. » Son mariage ne dépendait pas d'étrangers. « C'est à toi que revient la décision et non pas à mon agent ou à mes éventuelles fans... » Il soupira doucement par les narines en baissant la tête d'un air dépité. « Je ne sais pas de quoi demain sera fait, je refuse de te faire des promesses impossibles à tenir. » Il avait choisi de se montrer honnête avec lui depuis son écart de conduite. Il ne voulait pas se lancer dans des promesses faites dans le vent. « J'essaye de changer, je fais de mon mieux, tu sais. Je fais mon possible pour être à la hauteur, Bailey. » Mais peu importait son enthousiasme, son petit ami semblait toujours solidement attaché au passé et il ignorait comment améliorer leur situation. « Je peux officialiser notre couple, si c'est vraiment ce que tu veux, tu n'as qu'à me le demander. » Il pinça les lèvres en se frottant nerveusement la cuisse. La perspective de faire éclater sa véritable histoire au grand jour l'angoissait à un point incroyable alors qu'il n'éprouvait aucune honte à être homosexuel. Bailey était plus important qu'une carrière d'acteur qui peinait à pleinement s'envoler depuis quelque temps. « Est-ce que ma demande arrive trop tard ? Est-ce que tu m'aimes toujours ? » demanda-t-il d'une voix étranglée.
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Bailey Caddon
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MessageSujet: Re: Everything that shine ain't always gonna be gold.   Lun 29 Déc - 19:32

Bailey jouait nerveusement de ses doigts fins, aux ongles abîmés par des années de pratique de guitare et d’excès en tous genres, sur ses genoux sans quitter un seul instant Tom des yeux. Il buvait chacune de ses paroles comme si ces dernières abritaient en elles tous les secrets de l’univers. Sauf que c’était tout le contraire, elles n’étaient remplies que de doute, de questionnements, d’incertitudes qui ne laissaient présager rien de bon. Il scruta le visage soucieux de son petit ami, à la recherche d’un contact avec ses doux yeux verts, mais la tâche était ardue. « Je ne doute pas de ton amour pour moi, Tommy, » répondit-il dans une profonde inspiration, sans doute pour se donner du courage. « A la rigueur, je remets en question le désir que tu éprouves à mon égard, mais c’est compréhensible. Je veux dire, je suis un déchet en ce moment, et j’en suis désolé… » tenta-t-il de plaisanter, avec un sourire en coin qui dévoila une partie de ses dents de devant. Son cœur brisé l’avait affaibli et il avait retrouvé ses vieux démons ; il préférait se détruire à petit feu de l’intérieur que de se confronter à ses problèmes, au combien nombreux. Il aurait menti s’il avait affirmé que Thomas n’y était pour rien, évidemment que c’était lui, et sa tromperie, qui l’avait poussé à se droguer comme il ne l’avait plus fait depuis la fin de son adolescence ; cependant, il avait un peu trop profité de sa situation de victime, il en avait trop fait, il était retombé bien bas alors qu’il aurait pu choisir le chemin, certes plus difficile, qui lui aurait fait garder la tête haute, qui l’aurait fait s’en sortir avec dignité au lieu de se morfondre dans son coin ou de s’imbiber d’alcool et de drogue jusqu’à des heures indues tous les jours de la semaine. Mais il en était ainsi. Sans son roc, sans son ours protecteur, sans son Tom, il n’était rien d’autre que la pauvre âme perdue qu’il avait pris sous son aile des années plus tôt. Il n’avait pas suffisamment évolué pour exister sans lui. Et à dire vrai, il n’en avait pas envie.

Il se redressa, dos droit, et remua nerveusement les lèvres sans détourner le regard même lorsque Tom baissa la tête pour ne plus avoir son visage dans son champ de vision. Il posa une main sur son poignet le plus proche et se mit à le caresser dans des  gestes lents, remplis de douceur et de calme, bien loin du Bailey qu’il avait rejoint lors de sa petite sauterie d’anniversaire, la veille.
« Tu pourrais me tromper trente fois, je ne t’aimerais pas moins que la première fois où l’on a couché ensemble. » C’était le jour de ses dix-huit ans, et il se souvenait de cette soirée comme si elle s’était déroulée la semaine précédente. Il aimait déjà énormément Tom, à l’époque, parce qu’il était une figure protectrice, il l’avait soutenu au moment du décès de son grand frère, il s’était montré présent, l’avait écouté, mais cette nuit spéciale, ce cadeau qu’il lui avait offert, avait achevé de le faire tomber amoureux. Avoir été rendu cocu n’avait pas entaché l’affection qu’il lui portait, cette incartade l’avait simplement fait douter de lui, en tant qu’homme, en tant que compagnon. Il glissa une main sur sa joue afin d’attirer son visage contre lui pour qu’il puisse l’embrasser sur la joue. « Je ne te demanderai pas de balancer notre relation aux médias, Tommy Bear. » Rester dans l’ombre lui pesait, bien évidemment, mais le jeune Caddon était un artiste, il composait et écrivait des textes, souffrir dans son couple lui permettait de trouver l’inspiration, il pouvait jouer de sa frustration et la poser sur papier. Il récupéra l’écrin placé entre eux et le présenta à plat dans sa paume. « Comment on procède pour sceller tout ça ? Tu me passes littéralement la bague au doigt ou je la mets moi-même ? » sourit-il en clignant des paupières.
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