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| | Cold hands, warm heart (R) | |
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Noah Palmer These are the times of love and meaning, ice of the heart melted away and found the light

Messages: 734 Date d'inscription: 05/06/2010 Age: 23 Crédits: Ninety degrees et visualthinker11. Addicted to: son fils. Statut: célibataire
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 | Sujet: Cold hands, warm heart (R) Dim 20 Juin - 16:33 | |
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Talons-aiguilles hautains. Converses excentriques. Bottes en cuir solitaires. Escarpins angoissés. Baskets noires déprimées. Accroupi sur le sol de l'aéroport, Noah guettait tant bien que mal la silhouette de son fils au milieu de ce défilé de chaussures. Il savait pertinemment que, comme toujours, Axel serait l'éclaireur : mû par l'impatience, il gambaderait à coup sûr quelques mètres devant Edwige, Noah préférait donc se mettre à sa hauteur histoire de ne pas perdre une miette de son arrivée. Venant de tous les côtés, des centaines de pieds défilaient sous ses yeux, dans le fracas infernal du quotidien ; ces pieds qui, la dernière fois, avaient failli écraser son petit bout de chou et lui avait d'ailleurs valu une engueulade avec une pauvre conne, ces mêmes pieds, pressés par le temps, irrespectueux, incapables de voir ce qui se passe au-dessous de leur tête à l'ego surdimensionné, ces pieds toujours qui valdinguaient sans cesse, sans qu'il puisse réellement en saisir la trajectoire, trop occupé qu'il était à trouver un prétexte au violent placage qui surviendrait si toutefois une de ces chaussures osaient piétiner son fils. Quand soudain, il le vit. Son idée – il se serait dit atteint d'une forme voisine du syndrome de la Tourette – s'envola aussitôt. Du haut de ces cinq ans, Axel courait maladroitement, le regard visiblement perdu, sans réel but. Noah ne put réprimer un sourire attendri. Le petit croisa enfin le regard de son père et se rua sur lui.
« Heyyyyy ! » Noah le réceptionna au sol avant de lui faire le coup de l'avion – ndlr, technique hautement artistique dont seuls les paternels ont le secret – en le projetant en l'air. « Comment va mon grand garçon ? » Le petit resta mutin, fixant son père avec de grands yeux, littéralement admiratif. Et, en guise de réponse, il se lova tout simplement contre Noah qui en profita pour l'embrasser un peu partout à coup de "moua moua moua" tandis qu'Axel se débattait en riant. Un léger toussotement, timide, se fit entendre, rompant ce dialogue père-fils. Noah se retourna et aperçut Edwige qui tentait tant bien que mal de signaler sa présence. Et quelle présence... Le temps semblait agir à contresens avec elle : chaque fois qu'il la voyait, il lui semblait qu'elle était encore plus belle que les autres fois. Soufflé, il lui fallut donc quelques secondes pour retrouver ce masque implacable qui lui collait tant à la peau sans lui ressembler vraiment. « Salut » fit-il simplement, encore sous le coup de l'émotion, avant de s'approcher pour lui faire la bise. Leurs retrouvailles avaient toujours été tendues mais là, vraiment, elles atteignaient le summum de l'embarras. Axel gesticula, rompant le silence qui s'était installé entre eux, signe qu'il était temps pour nos deux protagonistes d'avancer et, une fois sur la terre ferme, il se dirigea tout naturellement vers le tapis où les bagages feraient bientôt leur apparition.
« C'est quoi cette coupe de cheveux ? » glissa alors Noah, alors qu'il lui emboitait le pas. « Commence pas ! » « Je t'avais dit : pas de mèches blondes. » « Mais qu'est ce que tu as contre les blonds ? » « Channing Tatum est blond. T'imagines le traumatisme si quelqu'un le compare à lui ? » « Non, pas vraiment... Y'a que toi que ça dérange » Noah jeta un dernier coup d'œil aux cheveux de son fils, comme s'il cherchait à se faire une raison mais conclut sur un ton résolu. « Je prends rendez-vous chez le coiffeur demain. »
***
Dans le taxi, l'ambiance se fit glaciale. Noah s'en extirpa donc, vingt minutes plus tard, avec l'impression d'avoir fraîchement quitté le pôle Nord. Et, bien que cette situation le dérange, il ne pouvait s'empêcher de savourer ces moments qui, il le savait, mettaient tout autant (sinon plus) mal à l'aise Edwige. Lorsqu'il ouvrit la porte de la maison, Axel courut immédiatement dans sa chambre : à chaque fois, c'était le même rituel. D'abord, il vérifiait que tout était en ordre, ensuite, il cherchait son cadeau car oui, Noah en dissimulait toujours un dans la pièce. Pendant ce temps, Noah rassembla leurs bagages dans le salon (il était rancunier, pas goujat) puis, après avoir déposé les clés de la maison près de son cactus, qu'il avait baptisé Baobab, il retrouva Edwige dans la cuisine. Sans dire un mot, il prépara un verre de grenadine pour son fils qui désirait toujours la même chose – là encore, ça faisait partie du rituel et Axel avait besoin de tous ces éléments pour se sentir bien. « Ton verre t'attend Axel. » Il se retourna finalement vers Edwige et, tout en faisant miroiter la bouteille de sirop de fraise, il lui demanda non sans mesquinerie : « Je te sers quelque chose à boire ? ». Elle était allergique à la fraise. Or chez elle ça n'entraînait pas simplement un petit éternuement ou quelques boutons, non, ça le faisait littéralement gonfler de partout, bref, c'était un raccourci plutôt efficace vers l'hôpital. Voire qui sait peut-être, avec un peu de chance, vers la tombe. Certes, c'était méchant mais il ne faisait que lui rendre la monnaie de sa pièce. Elle avait quand même eu le culot de l'inviter à son mariage.
Cold hands, warm heart We just need some time apart And everything will be okay
Des ballerines rayonnantes. Son regard venait de se poser sur ses chaussures et elle portait des ballerines rayonnantes. Il eût un léger pincement au cœur : jadis il était persuadé d'avoir trouvé chaussure à son pied. Que c'était elle. Que c'était ces chaussures là qu'il voulait. Et vice versa. Etait-il possible que des années plus tard, après tant d'errances et de déchirures, celles-ci ne soient plus capables de rien, si ce n'est faire naître des ampoules sur son cœur médusé ? |
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 | Sujet: Re: Cold hands, warm heart (R) Mer 23 Juin - 13:20 | |
| « Axel, attends-moi ! » Bien sûr, le petit garnement faisait semblant de pas entendre sa mère. Il semblait si heureux de revoir son père, ça faisait plaisir à voir. Depuis les dernières vacances, il n’avait pas beaucoup appelé et Axel souffrait nettement de cette situation. Edwige avançait droit devant elle, dans la cohue, marchant, courant presque pour ne pas perdre son fils de vue. Il allait tellement vite. Les bagages étaient plus conséquents que la fois dernière : 4 en tout. Edwige se demandait déjà comment elle allait pouvoir se débrouiller. Heureusement, elle vit Noah à quelques mètres d’elle, partageant un moment particulier avec son fils. Elle ne voulait pas les déranger mais de toute façon, ils auraient tout le temps de se voir à présent. Elle s’approcha alors et observa l’homme qu’elle avait éperdument aimé. Il n’avait pas changé. Edwige remarquait qu’il avait toujours ce même sourire éclatant et ce regard, oh lala ce regard, à faire succomber n’importe quelle femme. « Salut. » lui répondit-elle, embarrassée. Elle détestait ce genre de retrouvailles timides et gênantes. Heureusement le petit rompit ces retrouvailles et la petite famille s’avança vers le tapis ou les bagages n’allaient pas tarder à arriver. Edwige n’appréciait pas ce silence pesant et se sentit presque soulagée quand Noah engagea la conversation, qui ne s’avérait pas en être une puisqu’il lui adressait déjà des reproches sur la coupe de cheveux d’Axel. Elle ne savait même pas qui était Channing Tatum d’ailleurs et faut dire qu’elle s’en fichait royalement. « Tu l’amèneras nulle part. C’est pas ma faute si t’es resté coincé dans les années 60, la mode change, mon vieux, faut t’y faire ! » A ces mots, elle esquissa un sourire, amusée de la situation.
♣
Le voyage en taxi avait semblé être une éternité pour Edwige. Aussi, fut-elle heureuse quand elle put enfin s’extirper de l’habitacle. Elle n’était encore jamais vraiment venue ici puisqu’à vrai dire, elle se contentait normalement de laisser Axel à l’aéroport et de repartir aussitôt. Bizarre puisqu’elle aurait pu tout au moins rester quelques jours à LA mais elle n’en n’avait jamais vraiment eu l’occasion à part ses virées avec Ginger, malheureusement très minimes ces temps-ci. Elle y entra donc et ne put s’empêcher d’admirer le décor. « Magnifique, c’est vraiment splendide. » s’extasia-t-elle simplement. Elle laissa Axel foncer dans une pièce qui devait être sans doute sa chambre puis s’immobilisa un instant dans la cuisine, observant Noah. Elle le regardait s’affairer pour son fils et pendant un instant, elle cru qu’il l’avait oublié. La question de Noah était mesquine, il savait très bien qu’elle était allergique à la fraise, ce goujat. « Ah, ah très drôle. Tu ne changes décidément pas tu sais ! » dit-elle dans un sourire. Elle s’appuya contre le rebord de la cuisine, passant nerveusement sa main dans sa chevelure. « Axel est vraiment content de te voir. Il ne tenait plus en place dans l’avion. » rénchérit-elle attendrie. Gênée, elle continua sur sa lancée. « Et toi, comment tu vas ? Tu as trouvé la femme de tes rêves ? » Elle le taquinait, bien évidemment. Elle espérait secrètement que non mais cette question valait nettement la peine d’être posée. Après tout, Edwige n’était pas là pour rien. |
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 | Sujet: Re: Cold hands, warm heart (R) Sam 3 Juil - 17:40 | |
| « Ah, ah très drôle. Tu ne changes décidément pas tu sais ! »
Il s'arrêta net, imitant ladite phrase qui venait brusquement de se stopper en plein milieu de son autoroute cervicale. La raison ? Non pas un manque d'essence mais un manque de sens. Il eut un bref moment d'absence durant lequel il passa en revue sa vie comme on passe en revue un ticket de caisse : méthodiquement. Il détestait toujours autant les hippies, l'avion, les chanteurs à minettes, le poivre, Kristen Stewart et le beige. Il buvait toujours son café le matin. Avec deux sucres. Il utilisait toujours la même mousse à raser. Il était toujours aussi fêtard et dépensier. Il vénérait toujours autant son fils. Il ne s'était toujours pas mis au sport. En un mot, elle avait raison. Il n'avait pas changé. Il était resté ce même être insupportable, hanté par l'ombre de son père, obnubilé par son job et un poil trop désinvolte, sentimentalement parlant. Il était toujours ce bon vieux Noah Fitzburry. Celui qu'elle avait quitté. Et qui n'avait même pas su évoluer. Il ne craignait pourtant pas le changement. Ça lui avait apporté sa plus grande fierté (son fils). Simplement, il lui était difficile d'être autre chose que lui-même. Il passa volontairement sous silence sa remarque concernant Axel mais n'en pensa pas moins. Après tout, si elle n'était pas partie à l'autre bout du monde, il le verrait tous les jours.
« Oui j'ai trouvé, ça fait un certain temps même » concéda t-il à propos de la soi-disant femme de sa vie. « Mais bon, on ne se voit pas très souvent. » Il fit exprès de maintenir le suspense, crut un instant percevoir une lueur d'inquiétude dans les yeux de son ex mais y vit finalement une hallucination de sa part et conclut alors avec honnêteté. « Cat Power ne passe pas tous les jours en concert... » C'était tout lui. Répondre à côté de la plaque, jouer la carte de l'humour et ainsi garder sa vie privée... privée. Est-ce qu'il lui demandait quelle position du Kamasutra elle utilisait avec son mari, lui ? Non. Alors pourquoi n'en faisait-elle pas de même ? Ah, les Français, je vous jure...
Il y avait bien eu quelqu'un pourtant. Durant son long séjour en Afrique, il avait en effet rencontré une femme qui aurait pu embrasser ce rôle mais tous deux avaient préféré ne pas mettre leur romance à l'épreuve de la distance. Comme s'ils désiraient en garder un souvenir merveilleux, intact, à la limite du fantastique. Et pour cause, Tawny incarnait la perfection. A ses yeux, elle relevait presque du mythe. Du sacré. De sorte qu'il ne pouvait décemment pas l'imaginer dans son terne quotidien. L'idée d'une relation à distance lui avait quand même traversé l'esprit puis la peur de tout gâcher l'avait rattrapé et il s'était finalement résolu. Il ne voulait pas altérer cette lumière qui émanait d'elle comme il l'avait fait avec Edwige. Il craignait que leur mistral amoureux ne finisse en soupirs désabusés et que ces soupirs n'éteignent leur bougie.
« Et sinon, comment va Gérard Depardieu ? » Il ne put réprimer un sourire mi moqueur mi satisfait. Ce surnom était sans nul doute l'une de ses plus grandes trouvailles (après la découverte d'un passage secret ultra pratique dans GoldenEye 007). Oui car il en avait fait des recherches pour trouver un Français rebutant au possible, et donc, incarnant parfaitement le mari d'Edwige - bien sûr, son jugement était d'une objectivité totale - et il en avait enfin trouvé un digne de ce nom. « J'en reviens toujours pas qu'il te laisse passer des vacances toute seule à LA. » A l'inverse de Noah, Gérard avait toujours été très pot de colle. Non pas que lui ne soit pas protecteur, disons simplement qu'ils n'adoptaient pas la même méthode. Gérard ne lâchaient pas sa femme d'une semelle mais le faisait maladroitement. Noah, lui, faisait ça discrètement. Lorsqu'il partait en mission par exemple, il briefait secrètement Julia pour qu'elle fasse des rondes près de leur ancien chez eux, juste histoire de. « Honnêtement, si je ne vous savais pas mariés, je me dirais qu'il y a de l'électricité dans l'air. »
Un klaxon vint interrompre leur discussion et Axel fit son entrée dans la cuisine. Fier comme un boeuf. Et pour cause, il chevauchait sa mini-moto électrique. Il faut dire qu'il en rêvait depuis toujours. Pour faire comme son père, évidemment. Et bien que l'engin soit minuscule comparée à la RS 125 de Noah, le petit ne semblait pas s'en offusquer. Il passa entre eux, le pied vissé sur l'accélérateur et fila dans le salon en riant. Visiblement, il était aux anges.
« Il ne lui manque plus que Brigitte Bardot » blagua-t-il, non sans une pointe de fierté, car c'était pour Edwige qu'il avait accumulé toutes ces connaissances sur la France. Evidemment, il ne regrettait pas la découverte de la célébrissime BB – plastique oblige – mais il avait en revanche eu du mal à se faire au goût du camembert par exemple. Plus tue-l'amour tu meurs. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Cold hands, warm heart (R) Mar 10 Aoû - 19:22 | |
| Le fait qu’elle soit là devant lui, la rendait plus vulnérable qu’elle ne l’aurait cru. Il avait été une grande partie de sa vie, peut-être une des plus importantes, il fallait l’avouer. Certes sa nouvelle vie lui avait permis d’effacer tout ça, de recommencer à zéro mais face à lui, elle n’était pas la même. Elle n’avait pas voulu lui poser cette question, c’était idiot. Mais sa curiosité avait repris le dessus, une nouvelle fois. Elle ne pouvait s’empêcher de vouloir savoir précisément ce qui se passe dans la vie de son ex. Aussi fut-elle étonnée quand il répondit, étrangement calme, à sa question. Il avait donc quelqu’un dans sa vie. Edwige ne réagit pas à sa tirade, se contentant de l’écouter sagement. Elle savait que son regard la trahirait et qu’à coup sûr, Noah le remarquerait. Elle luttait presque pour ne rien laisser entrevoir, attendant patiemment la suite de son explication. Elle ne voulait pas entendre parler de sa nouvelle vie à LA, de ses projets géniaux, elle ne voulait pas parce que cela signifierait qu’il aurait tourné la page de leur histoire. Dans un sens, elle se sentait égoïste de penser cela, elle qui avait refait sa vie sans poser de questions. Elle ne lui avait pas demandé son avis, ni rien d’approchant, elle lui avait fait savoir qu’elle avait un nouvel homme dans sa vie, et qu’elle allait bientôt se marier, tout ça d’un coup. Elle avait été cruelle et au fond d’elle, elle savait qu’il avait parfaitement le droit de vivre à son tour la même chose. Mais sa réponde la rassura plus qu’autre chose. C’était tout lui ça, répondre à côté de la plaque. « Cat Power ? J’aurais pas cru ça de toi. Et puis c’est qui celle là d’abord ? Elle est connue ? » Sa connaissance en musique étant moindre, aussi accompagna-t-elle sa remarque par un petit sourire en coin.
La maison de Noah était décidément magnifique et Edwige n’en finissait pas d’observer la pièce. Ses goûts n’avaient pas changés eux non plus mais elle savait que Noah était très doué pour la décoration, ça ne l’étonnait pas plus que ça. Axel ne revenant pas, un silence s’installa peu à peu mais Noah, n’étant pas du genre à rester là sans rien dire engagea la conversation. Il était doué pour tout foutre en l’air celui-là. La jeune femme n’avait pas envie de parler de sa vie, elle non plus mais maintenant qu’il avait posé la question, elle devait répondre. Mais ça restait simple, elle ne voulait rien dire de plus. Elle n’avait même pas envie de relever la boutade. T’es chiant. Tu peux pas t’empêcher de le tacler hein ? T’es pas possible. Elle le regardait d’un œil peu amène mais cela ne semblait pas le toucher. Il continuait sur sa lancée, comme si il avait décidé de l’énerver dès mon arrivée. Elle soupirait bruyamment pour qu’il entende son agacement. Elle détournait les yeux avant de répondre, plus dure qu’auparavant. Ne commence pas Noah. Une simple réplique mais qui en disait long. Elle ne tenait pas à crier ce soir. Mais à sa dernière réplique, elle ne put réprimer sa colère. « Ce qui se passe entre mon mari et moi ne te regarde pas. Et si tu tiens à ta vie, arrête de m’embêter avec ça. T’es vraiment lourd, tu sais ça ? Parfois je me demande comment j’ai pu vivre à tes côtés toutes ces années ! » Elle regrettait aussitôt sa remarque ne fit rien pour arranger les choses. « Je ne te charrie pas sur ta vie privée moi, bon sang ! » A ces mots, elle souffla une nouvelle fois, s’attendant à une réplique de taille.
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 | Sujet: Re: Cold hands, warm heart (R) Mer 18 Aoû - 10:43 | |
| C'était comme désirer ardemment un enfant mais être stérile. Comme assister au coucher du soleil de dos. Comme avoir bon goût et être forcé de remettre un Oscar à Channing Tatum. Avoir Edwige sous les yeux, c'était comme être au régime et se voir confier la garde d'un pot de nutella géant. C'était juste insupportable. Frustrant. Bref, impossible à vivre. La voir juste devant lui, à quelques mètres, sans pour autant l'avoir, pour lui et lui seul, ça lui donnait envie de crever. Et l'imaginer avec un autre, de gerber. Fort heureusement, dans cette partie de Monopoly grandeur nature, il avait réussi à dépasser la case paranoïa (en évitant la prison), ce juste après avoir acheté une maison Rue de la Paix. Il avait donc cessé de penser à elle de manière obsessionnelle et digéré – du moins, il avait tenté – cette rupture, espérant intimement que cette nouvelle relation avec le dénommé Gérard ne tiendrait pas la route. Manque de bol, Edwige et son petit frenchie avaient visiblement décidé de s'installer ensemble rue du Paradis. A partir de ce moment, Noah avait fait du Boulevard de la Villette le boulevard de la boulette et leur relation n'avait été qu'une succession d'altercations plus ou moins douloureuses.
« Carrément. C'est notre Vanessa Paradis à nous » concéda t-il non sans fierté à propos de Cat Power. « Ecoute ses chansons à l'occasion, je pense que ça te plaira. »
Lui qui pensait être – enfin ! – parti du bon pied avec elle déchanta très rapidement : certes ils avaient battu leur propre record en tenant plus de 10 minutes l'un en face de l'autre sans s'éclater mutuellement la tronche, Noah se contentant de la taquiner tout en restant courtois, Edwige feignant quant à elle l'indifférence, toutefois, le quart d'heure de paix n'avait été que de courte durée ; il s'envola en effet aussi vite que la virginité de Britney Spears. Et à la surprise générale, ce fut Edwige qui craqua la première. D'habitude, elle parvenait toujours à le faire sortir de ses gonds en évoquant Gérard mais, pour une fois, il avait l'impression de s'être plutôt bien défendu. D'être resté fair-play. Bref, de ne pas avoir pété son cable et fait preuve d'immaturité, comme elle aimait tant à le souligner. Du coup, Noah avait beau se repasser la bande son de leur discussion en boucle dans sa tête, il ne voyait pas, absolument pas, ce qui avait pu la mettre dans un tel état. De toute façon, c'était trop tard, l'ouragan Edwige était lancé, prêt à dévaster l'Etat Fitzburry comme jamais aucun phénomène climatique ne l'avait fait (Katrina peut aller se rhabiller à côté). Il la laissa s'égosiller un certain temps, sachant pertinemment que c'était le propre des femmes d'avoir besoin d'hurler sans raison apparente contre leur compagnon ou, ici, ex-compagnon, juste pour se sentir bien, mais dut se rendre à l'évidence : finalement, ça allait durer plus longtemps que prévu.
« Woh, woh, woh, c'est bon » s'hasarda t-il de manière pacifique, en tentant tant bien que mal de la calmer. Malheureusement, son intervention eut l'effet d'un acarien sur la peau - entendez-par là aucun - et Edwige enchaîna comme s'il n'avait pipé mot.
Il fut alors saisi par une furieuse envie de rire. Le genre de soubresauts qui vous soulèvent la poitrine, qui vous fait poindre le sourire au bout des lèvres tant il adorait la voir énervée... Jusqu'à ce qu'il entende ces mots : « Parfois je me demande comment j’ai pu vivre à tes côtés toutes ces années ! ». Et à son tour il explosa. De fierté mais surtout de colère. Elle avait blessé son amour-propre et, ce n'est plus un secret pour personne, nous savons tous que s'il y a bien quelque chose à ne pas écorcher, c'est l'ego masculin. « Quoi ? Non mais tu te fous de ma gueule là ? » s'exclama t-il aussitôt, en levant les mains au plafond. Il jeta un rapide coup d'oeil aux alentours, juste histoire de s'assurer qu'Axel n'était dans la pièce et une fois la vérification faite, il reprit de plus belle. « Tu te demandes comment toi, tu as pu vivre à mes côtés ? Et je suppose que tu ne t'es pas demandée un seul instant comment MOI j'avais pu supporter la putain de boule de nerf chieuse égoïste jamais satisfaite que tu es ! » Sa voix était montée d'un ton. « Non mais je rêve. C'est du grand foutage de gueule. Et j'te signale que ce n'est pas moi qui ai embrayé la conversation sur la vie privée alors tes remontrances, tu te les gardes » ajouta t-il en la pointant du doigt avec mépris. « C'est dingue, t'es pas possible comme nana. Il faut toujours que tu montes sur tes grands chevaux. T'as tes règles ou quoi ? » Assurément sa réplique favorite. Nul doute après ça, Edwige allait exploser et peut-être comprendrait-il enfin le pourquoi du comment de son agacement qui, il en était presque persuadé, n'avait exceptionnellement rien à voir avec lui ce jour-là.
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